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Obliger un chômeur à travailler dans un sexshop? Berlin s'y oppose

Un travailleur allemand ne pourra pas être sanctionné s'il refuse un poste dans un sexshop.

Un travailleur allemand ne pourra pas être sanctionné s'il refuse un poste dans un sexshop. - Kenzo Tribouillard - AFP

Outre-Rhin, quand un chômeur refuse un poste, même s'il est mal payé ou à temps partiel, il peut être sanctionné en voyant ses indemnités réduites. Mais le gouvernement fédéral vient d'admettre une exception, en plus de la prostitution.

Un bon vendeur est capable de tout vendre. De la voiture à la batterie de casseroles… en passant par les sextoys. Pour l'agence pour l'emploi de Pankow, un quartier de Berlin, c'était une évidence. L'un de ses conseillers avait donc proposé à une chômeuse ayant une expérience dans la vente d'occuper un poste dans un magasin érotique installé dans la capitale allemande, relate le quotidien allemand Berliner Zeitung.

Pour cette quadragénaire, la proposition était pour le moins embarrassante. Si elle refusait ce poste, l'agence pour l'emploi lui avait indiqué que ses indemnités seraient réduites de 60%. Sur le principe, rien d'illégal. Outre-Rhin, les chômeurs qui touchent des indemnités sont poussés à reprendre rapidement une activité et le fait que le poste soit à mi-temps ou bien à un salaire bien inférieur à celui-touché précédemment n'est pas considéré comme un argument valable pour refuser un job.

Un job contraire aux valeurs morales

Mais cette chômeuse n'avait nullement envie d'accepter cet emploi. Elle a donc choisi de faire jouer une clause morale- invoquant le fait que travailler dans un sex-shop ne convient pas à l'éthique de tout le monde. Et son argument a été retenu. Le gouvernement fédéral a reconnu que personne ne doit accepter un travail qu'il juge immoral.

C'était d'ailleurs déjà le cas pour la prostitution, légale en Allemagne. Aucun chômeur ne peut se voir contraindre de faire commerce de ses charmes par l'agence fédérale pour l'emploi. Désormais, pour accepter de travailler dans le commerce d'articles érotiques, il faudra également être consentant. Et aucune sanction ne pourra être prise contre les demandeurs d'emploi qui refuseraient de telles propositions.

C.C.