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Nicole, 70 ans, retraitée et surendettée

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Le surendettement touche de plus en plus de seniors. Depuis dix ans, leur nombre a fortement augmenté comme le révèle une enquête de la Banque de France. Les plus de 55 ans représentent près d'un quart des dossiers.

D'une manière générale, le nombre de surendettés est en augmentation. En février 2011, le nombre de dossiers déposés à la Banque de France était en augmentation de 17 % par rapport à décembre 2010. Désormais, près de 900 000 ménages vivent à crédit, leur endettement moyen est de 34 500 euros. Mais le plus inquiétant concerne les séniors, de plus en plus nombreux à être touchés par le phénomène.

23% des surendettés ont plus de 55 ans.

En effet, une personne sur quatre en situation de surendettement est âgée de plus de 55 ans. Cette catégorie d'âge ne constituait que 13% du total il y a 10 ans.
La tranche d'âge supérieure n'est pas mieux lotie. Les plus de 65 ans représentaient, en 2001, 4% des surendettés. Ce chiffre a doublé aujourd’hui pour passer à 8%.
Les retraites qui n’augmentent pas suffisamment, le chômage des seniors qui explose, et l’aide des ainés envers leurs enfants sont les causes principales de ce vieillissement des surendettés.

« On paye 480€ par mois pour 7 crédits revolving »

Nicole et son mari sont surendettés depuis 7 ans Après de mauvaises affaires dans le commerce, ils ont emprunté plutôt que de se déclarer en faillite. « Aujourd’hui on paye 480€ par mois pour 7 crédits revolving », témoigne Nicole sur RMC. Mais pour rembourser, le vieux couple doit travailler. « Mon mari a 77 ans, moi j’ai 70 ans. Le matin on se lève à 5 heures pour mettre les journaux dans les boites à lettres. 20 km à vélo tous les matins pour pas brûler l’essence. On travaille pour garder une maison ».

« J’ai fait une tentative de suicide »

Travailler pendant deux ans encore pour rembourser ses dettes, c’est ce qui semble le plus difficile pour Nicole : « Ça fait huit ans qu’on paye. Même maintenant, si on a deux jours de retard, on a un coup de téléphone. J’ai fait une tentative de suicide, de la déprime. C’est passé maintenant, on paye. Et on veut pas que ce soit dit. Personne ne connait nos difficultés. Nos enfants ne savent pas non plus. On est d’une génération où on ne veut pas. On essaye de vivre normalement. On est obligés de payer encore deux ans. Mon mari aura plus de 80 ans. Je ne sais pas si deux ans ce n’est pas le plus dur à faire. »