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Mory Ducros: pas plus de 1.900 emplois sauvés sur 5.000

Mory Ducros emploie actuellement 5.000 salariés.

Mory Ducros emploie actuellement 5.000 salariés. - -

Les délégués du personnel du numéro 2 du transport français ont pris connaissance des 4 offres de reprise de leur entreprise. Aucune ne permet de sauver les 2.000 emplois qu'espéraient les syndicats.

La meilleure offre pour la reprise de Mory Ducros vient finalement de son principal actionnaire. Arcole Industries est prêt à sauver 1.900 emplois sur 5.000, mais à condition que les salariés s'engagent à ne pas faire grève d'ici la fin du mois de janvier, a annoncé le repreneur potentiel aux représentants du personnel, ce jeudi 9 janvier à l'occasion d'un comité d'entreprise.

Arcole Industries exige, en outre, que l'entreprise conserve au moins 80% de son conseil d'administration actuel et qu'elle maintienne au moins 80% de son chiffre d'affaires.

Les trois autres offres sont nettement moins conséquentes. L'une d'elle émane d'un groupe d'avocats, qui veut reprendre des agences dans le nord de la France, et une autre concerne une trentaine d'agences. La dernière ne concerne qu'une reprise de matériel. En tout, 400 à 500 emplois seraient sauvegardés.

"On est loin des 2.000 annoncés. Ca fait vraiment, vraiment pas beaucoup", a commenté Fabian Tosolini, secrétaire national CFDT transports.

La CFDT et FO pessimistes face aux demandes d'Arcole

Le syndicaliste estime difficile de tenir les clauses demandées par Arcole Industries. "C'est une prise d'otage des employés", a-t-il déclaré, ajoutant que "les ouvriers salariés ont fait le travail la boule au ventre ... mais ce qu'ils ont fait n'aura pas été suffisant".

Mercredi, la CFDT espérait que l'offre d'Arcole pourrait s'additionner aux trois autres, pour sauver le plus d'emplois possibles. Le secrétaire générale de FO/UNCP Transports, Patrice Clos, estimait, lui, que Mory Ducros n'était "viable que s'il a un réseau sur le territoire."

S'il se dit prêt à accepter l'offre la plus favorable aux salariés, le délégué FO est pessimiste quant à l'offre de l'actionnaire actuel. "Est-ce que le juge va accepter que la société qui a déposé le bilan reprenne? C'est un autre souci", demande-t-il.

Les offres de reprise peuvent encore évoluer dans les prochains jours. Le tribunal de commerce doit rendre sa décision sur le repreneur sélectionné le 31 janvier.

J.S avec AFP