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Michel Sapin face aux associations de chômeurs

Michel Sapin doit justifier la politique de Pôle emloi

Michel Sapin doit justifier la politique de Pôle emloi - -

Après l'immolation ou les tentatives d'immolation de chômeurs en fin de droits ces dernières semaines, le ministre de l'Emploi a dû justifier, vendredi 15 mars, la politique d'indemnisation devant les associations de demandeurs d'emploi.

Nouveau front social pour le gouvernement. Alors que le chômage continue sa progression de mois en mois, l'exécutif est confronté au problème des demandeurs d'emploi en "fin de droits", quelques 640 000 personnes sur les 2,2 millions inscrits à Pôle emploi et les 3,7 millions qui recherchent un travail à temps plein.

Les récentes tentatives d'immolations de plusieurs "fin de droits" contraignent le gouvernement à se préoccuper du problème. Ce vendredi 15 mars, Michel Sapin, le ministre de l'Emploi, a ainsi reçu les associations de chômeurs afin de faire le point avec elles sur la situation de cette population.

Le rendez-vous n'a visiblement pas été consensuel. "Nous avons été traités avec un vrai mépris. On ne nous a rien proposé hormis une nouvelle réunion avant la prochaine conférence sociale", a réagi Zalie Mansoibou, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). "De la part d'un gouvernement de gauche, c'est hyper décevant", a-t-elle ajouté.

En revanche, Michel Sapin a estimé que le "gouvernement avait pleinement conscience des difficultés économiques et sociales que traverse la France et de leurs conséquences pour les personnes les plus fragiles". Il a "rappelé l'ensemble des mesures de justice sociale et d'urgence adoptées dès juillet 2012".

Un jour de travail, un jour d'indemnisation

Dans Le Monde daté du 16 mars, la présidente de l'Unedic, Patricia Ferrand, se défend en estimant que "les règles d'assurance-chômage sont relativement simples et globalement plutôt bien comprises par les chômeurs, avec un jour de travail qui donne droit à un jour d'indemnisation".

Elle concède cependant: "il faut réfléchir à l'articulation entre assurance-chômage et minima sociaux pour que personne ne puisse se retrouver dans une situation inacceptable". Dans son rapport sur les politiques de l'emploi publié en décembre 2012, la Cour des comptes critiquait, en effet, "la complexité de l'articulation entre les différents dispositifs" d'indemnistations des chômeurs en particulier en fin de droits.

François Hollande qui veut mettre un terme aux blocages de la société française et au maquis administratif en légiférant par ordonnance pouurait trouver là un domaine d'action.

P.C. et AFP