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Michel Sapin: "Cette grève n’a plus aucun sens"

Michel Sapin juge sévèrement les divergences de prises de position au sein de la gauche concernant la loi Travail.

Michel Sapin juge sévèrement les divergences de prises de position au sein de la gauche concernant la loi Travail. - AFP - Stéphane de Sakutin

"Pour le ministre des Finances, la mobilisation sociale est désormais totalement "incompréhensible"."

"Pour qu’une grève soit comprise, il faut qu’elle ait un sens. Aujourd’hui, cette grève n’a plus aucun sens", s’est écrié le ministre des Finances ce jeudi matin sur France Info. Michel Sapin ne cache pas son agacement face à la pression que maintiennent les syndicats opposés à la loi Travail. "Quel est le sens des camions bloqués? Du blocage de Rungis? Personne ne peut le dire. On est dans ce qui n’est plus compréhensible", a-t-il insisté.

Et le ministre des Finances, ancien ministre du Travail, d'ajouter: "J’ai un immense respect pour toutes les organisations syndicales... C’est parce que je les respecte que cela me fait mal de voir qu’elles continuent de mener des manifestations qui n’ont plus aucun sens". Michel Sapin estime toutefois que les grèves n’ont pas d’impact économique global pour le pays.

Sans réformes, la SNCF "disparaîtra"

Concernant les revendications des cheminots, le ministre des Finances condamne également la poursuite du mouvement. Ce jeudi 9 juin marque la neuvième journée consécutive d’appel à la grève à la SNCF par la CGT et SUD. "La SNCF doit se réformer (…) Si elle ne se met pas en capacité de survivre à la concurrence, elle disparaîtra progressivement", estime Michel Sapin. "C’est normal d’avoir des revendications, éventuellement des manifestations. Mais aujourd’hui, la priorité c’est l’emploi, ça n’est pas le moment de le bloquer" insiste-t-il.

Par ailleurs, le ministre des Finances juge sévèrement les prises de position divergentes au sein de la gauche au sujet de la loi Travail: "À force de se regarder le nombril, la gauche se fait du mal à elle-même". A ses yeux, l’article 2, qui donne la primeur aux négociations au sein des entreprises, est "un élément absolument décisif de ce texte". "Aucun texte n’est intouchable. Mais le cœur de ce texte c’est la confiance dans le dialogue social au sein d’une entreprise. Pourquoi s’opposer à cela?" s'interroge-t-il.

Des baisses d'impôts ?

Enfin, interrogé sur une éventuelle baisse des impôts "en fonction des marges" évoquée le 3 mai par François Hollande, le ministre des Finances a botté en touche. "Nous le verrons, on ne peut pas le dire dès maintenant", a-t-il assuré, rappelant qu’à la rentrée scolaire de 2016, 12 millions de contribuables devraient voir le niveau de leurs impôts baisser.

A.R.