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Medef: cinq candidats sur la ligne de départ

Le siège du Medef, avenue Bosquet à Paris.

Le siège du Medef, avenue Bosquet à Paris. - -

Le comité statutaire du Medef a validé, ce lundi 6 mai, les cinq candidatures officielles à la présidence de l'organisation patronale. L'entrée en campagne sera ouverte mardi, l'élection aura lieu le 3 juillet.

Ils sont cinq, tous des hommes, tous chefs d'entreprises, tous âgés de moins de 65 ans, tous veulent la place de Laurence Parisot. Ce lundi 6 mai, le comité statutaire du Medef, l'instance chargée de faire respecter les statuts de l'organisation, leur a donné son feu vert pour briguer la présidence de l'organisation.

Patrick Bernasconi, Pierre Gattaz, Hervé Lambel, Thibault Lanxade et Geoffroy Roux de Bézieux sont donc en lice. C'est-à-dire tous les candidats qui avaient déposé un dossier.

Les rumeurs sur l'éventuelle entrée d'une femme dans la course se sont révélées inexactes. Selon Marie-Christine Oghly, présidente du Medef Ile-de-France, invitée sur BFM Business ce lundi, les femmes sollicitées, dont elle fait partie, ont voulu "privilégier leur entreprise", contrairement à ceux qui "préfèrent la notoriété".

Dès le 7 mai, à l'occasion de l'ouverture officielle de la campagne, les cinq auront deux mois pour défendre leur projet et convaincre les adhérents du Medef de voter pour eux lors de l'élection qui se tiendra le 3 juillet. Voici ce qui les distingue…

Patrick Bernasconi
Patrick Bernasconi © -

>> Patrick Bernasconi

Le patron de la Fédération nationale des travaux public et dirigeant de Bernasconi TP, une PME familiale de BTP, était le dauphin désigné de Laurence Parisot. Il s'était engagé à ne présenter sa candidature à la présidence du Medef que si celle-ci n'y allait pas. Ce qu'il a fait, après s'être publiquement opposé à la réforme des statuts qui aurait permis à sa protectrice de concourir.

Agé de 57 ans, il tire notamment sa légitimité de son rôle de chef de la délégation patronale lors des négociations sur la sécurisation de l’emploi. Au programme de ce partisan du dialogue, une réforme de l’État et du financement du modèle social français, et plus de dialogue entre PME et grands groupes.

Pierre Gattaz
Pierre Gattaz © -

>> Pierre Gattaz

Le président du directoire de Radiall, l'ETI familiale d'équipements électronique devenue une entreprise internationale, est le fils d’Yvon Gattaz, l’ex-patron de l’ancêtre du Medef, le CNPF. Membre de l'Union des métiers de la métallurgie, il est aussi son candidat désigné, à la place du président de la puissante fédération en personne, Frédéric Saint-Geours, qui a du coup retiré sa candidature.

S'il est élu président de l'organisation patronale, Pierre Gattaz entend plaider la baisse du coût du travail et demande à aller plus loin dans la réduction des dépenses publiques.

Hervé Lambel
Hervé Lambel © -

>> Hervé Lambel

Le co-fondateur du CERF (Créateurs d’emplois et de richesses en France), et de HLDC, une société de services et d'investissement, est l’outsider de cette élection. Plutôt critique sur le bilan de Laurence Parisot, il a été le premier à annoncer sa candidature.

Celui qui a inspiré au gouvernement précédent la défiscalisation des heures supplémentaires présente un programme intitulé "le nécessaire Big Bang patronal". Il y propose de transformer l'Impôt Sur la Fortune en Investissement Solidaire de Fortune et veut supprimer la TVA inter-entreprises.

Thibault Lanxade
Thibault Lanxade © -

>> Thibault Lanxade

Le PDG et co-fondateur d’Aquoba, l’opérateur de cartes de paiement sur mesure, a commencé sa carrière chez Shell à la fin des années 90. Il est aussi passé chez Butagaz en 2004, et chez Gazinox au milieu des années 2000.

Il concoure à cette élection pour "dépoussiérer" l’organisation patronale, selon ses mots. Il entend faire du Medef "la maison des entrepreneurs", et insiste sur la nécessité de faire communiquer le syndicat patronal avec sa base.

Geoffroy Roux de Bézieux
Geoffroy Roux de Bézieux © -

>> Geoffroy Roux De Bézieux

Le président de Virgin Mobile se veut le candidat symbole de l'entreprenariat et de la prise de risque. Autant dire que la fermeture des magasins français de The Phone House, la chaîne de téléphonie qu'il a créée avant de la revendre à une coentreprise anglo-américaine, tombe mal.

Pour lui, le modèle du retour à la croissance est allemand. A propos des attaques de certains officiels français envers la rigueur allemande, Geoffroy Roux de Bézieux évoque la cigale qui se moque de la fourmi. 

Vice-président de la Fédération française des télécoms, il n'a pas encore réagi au fait que le président de ce groupement et patron de France Télécom-Orange, Stéphane Richard, a officialisé jeudi son soutien à son concurrent le plus crédible: Pierre Gattaz.

Nina Godart