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Medef: cinq candidats, plus une?

Le logo du Medef au siège de l'organisation, avenue Bosquet à Paris.

Le logo du Medef au siège de l'organisation, avenue Bosquet à Paris. - -

La date limite de dépôt des candidatures à la présidence du Medef est fixée à ce vendredi 3 mai. Ils sont à priori cinq en lice, tous des hommes. A moins qu'une candidate de dernière minute ne créé la surprise...

A deux mois de l'élection du président du Medef, prévue le 3 juillet, c'est la date limite pour le dépôt de candidature des prétendants à la succession de Laurence Parisot ce vendredi 3 mai.

Et sauf surprise, ils seront cinq, parmi lesquels aucune femme pour remplacer Laurence Parisot. A moins que, comme le laissent entendre certaines rumeurs, Marie Christine Coisne-Roquette, présidente de Sonepar, n'entre dans la danse au dernier moment. Portraits de ceux qui pourraient diriger l'organisation patronale pour les cinq ans à venir.

>> Marie Christine Coisne-Roquette

Juriste de formation et présidente de la commission fiscalité du Medef, elle serait un poids lourd dans la bataille pour prendre la tête du Medef.

Sonepar, l'entreprise fondée en 1969 par son père, Henri Coisne, est devenue sous la présidence de la fille le leader mondial de la distribution électrique. Avec un chiffre d'affaires de près de 15 milliards d'euros en 2011, elle figurerait certainement en bonne place au CAC 40 si elle était cotée. De quoi assoir la légitimité de sa patronne, une proche de Laurence Parisot, présidente sur le départ qui la pousserait d'ailleurs à se lancer…

>> Pierre Gattaz

Le président du directoire de Radiall, l'ETI familiale d'équipements électronique devenue une entreprise internationale, est le fils d’Yvon Gattaz, l’ex-patron de l’ancêtre du Medef, le CNPF. Membre de l'Union des métiers de la métallurgie, il est aussi son candidat désigné, à la place du président de la puissante fédération en personne, Frédéric Saint-Geours, qui a du coup retiré sa candidature.

S'il est élu président de l'organisation patronale, Pierre Gattaz entend plaider la baisse du coût du travail et demande à aller plus loin dans la réduction des dépenses publiques.

>> Geoffroy Roux De Bézieux

Le président de Virgin Mobile se veut le candidat symbole de l'entreprenariat et de la prise de risque. Autant dire que la fermeture des magasins français de The Phone House, la chaîne de téléphonie qu'il a créée avant de la revendre à une coentreprise anglo-américaine, tombe mal.

Pour lui, le modèle du retour à la croissance est allemand. A propos des attaques de certains officiels français envers la rigueur allemande, Geoffroy Roux de Bézieux évoque la cigale qui se moque de la fourmi. 

Vice-président de la Fédération française des télécoms, il n'a pas encore réagi au fait que le président de ce groupement et patron de France Télécom-Orange, Stéphane Richard, a officialisé jeudi son soutien à son concurrent le plus crédible: Pierre Gattaz.

>> Patrick Bernasconi

Le patron de la Fédération nationale des travaux public et dirigeant de Bernasconi TP, une PME familiale de BTP, était le dauphin désigné de Laurence Parisot. Il s'était engagé à ne présenter sa candidature à la présidence du Medef que si celle-ci n'y allait pas. Ce qu'il a fait, après s'être publiquement opposé à la réforme des statuts qui aurait permis à sa protectrice de concourir.

Agé de 57 ans, il tire notamment sa légitimité de son rôle de chef de la délégation patronale lors des négociations sur la sécurisation de l’emploi. Au programme de ce partisan du dialogue, une réforme de l’État et du financement du modèle social français, et plus de dialogue entre PME et grands groupes.

>> Hervé Lambel

Le co-fondateur du CERF (Créateurs d’emplois et de richesses en France), et de HLDC, une société de services et d'investissement, est l’outsider de cette élection. Plutôt critique sur le bilan de Laurence Parisot, il a été le premier à annoncer sa candidature.

Celui qui a inspiré au gouvernement précédent la défiscalisation des heures supplémentaires présente un programme intitulé "le nécessaire Big Bang patronal". Il y propose de transformer l'Impôt Sur la Fortune en Investissement Solidaire de Fortune et veut supprimer la TVA inter-entreprises.

>> Thibault Lanxade

Le PDG et co-fondateur d’Aquoba, l’opérateur de cartes de paiement sur mesure, a commencé sa carrière chez Shell à la fin des années 90. Il est aussi passé chez Butagaz en 2004, et chez Gazinox au milieu des années 2000.

Il concoure à cette élection pour "dépoussiérer" l’organisation patronale, selon ses mots. Il entend faire du Medef "la maison des entrepreneurs", et insiste sur la nécessité de faire communiquer le syndicat patronal avec sa base.

Nina Godart