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Marché du travail: 5% des embauches se font en CDI, contre 50% en 1982

Les contrats précaires ont de moins en moins de chance de se transformer en CDI.

Les contrats précaires ont de moins en moins de chance de se transformer en CDI. - Jeff Pachoud - AFP

L’Insee publie un ce mercredi un panorama, qui évoque désormais "deux mondes séparés". Les emplois en CDI d’un côté, et les emplois précaires, précarité dont il est désormais bien difficile de sortir.

Les conclusions de l’Insee promettent de relancer la polémique autour des propositions du Medef pour créer de l’emploi. Selon une étude de l'Insee publiée mercredi 17 septembre, l'instabilité s'est largement propagée sur le marché du travail depuis 30 ans, piégeant une partie des salariés dans la "trappe" de l'emploi précaire.

Pour arriver à ce constat, l'Institut de la statistique se base sur un indicateur de l'instabilité de l'emploi: le taux de rotation de la main-d'oeuvre. Celui-ci a presque quintuplé entre 1982 et 2011.En 1982, l'Insee recensait en moyenne 38 "actes d'embauche et de débauche" pour 100 postes dans une entreprise. En 2011, le ratio a bondi à 177 pour 100.

La part des emplois précaires a presque triplé

Comme le précise L'Opinion, de nos jours, les CDI représentent moins de 5% des recrutements. Deux facteurs sont à l'origine de cette explosion: la multiplication des contrats temporaires (CDD et intérim principalement) et leur raccourcissement. Toujours entre 1982 et 2011, la part de ces contrats dans l'emploi a presque triplé, de 5% à 13%, pendant que leur durée était divisée par trois, de 3 à 1 mois.

Sur la même période, les salariés en contrat à durée indéterminée (CDI), dont la part est restée largement majoritaire (87% en 2011), ont eu tendance à rester plus longtemps en poste: 10 ans en 2011, contre 6 ans en 1982.

Le piège se referme sur les emplois précaires

"Tout ceci suggère que le fonctionnement du marché du travail se rapproche d'un modèle segmenté, où les emplois stables et les emplois instables forment deux mondes séparés", observe l'étude.

Les emplois instables jouent de moins en moins le rôle de "tremplin vers l'emploi stable", mais deviennent au contraire "une trappe pour ceux qui les occupent", a décrypté l'auteur de l'étude, Claude Picart, lors d'une conférence de presse.

Au début des années 1980, la moitié des salariés en CDD, intérim ou stage étaient en CDI l'année suivante. Aujourd'hui, à peine plus d'un cinquième suivent le même chemin.

Y.D. et C. P. avec AFP