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Manifestations contre les ordonnances: une mobilisation en chute libre

La CGT souhaitait "entretenir" la contestation avec cette réforme

La CGT souhaitait "entretenir" la contestation avec cette réforme - Anne Christine Poujoulat - AFP

La troisième journée de protestation à l'appel de la CGT a rassemblé moins de 40.000 personnes soit plus de trois fois moins que lors du 21 septembre.

Certains militants CGT craignaient que cette journée de manifestation ne soit un échec et auraient préféré temporiser. Il faut croire que leurs craintes étaient légitimes car cette troisième journée de protestation contre les ordonnances de réforme du Code du travail, à l'appel de la CGT et Solidaires, a montré un net essoufflement de la mobilisation à Paris et en régions.

Quelque 37.700 personnes ont manifesté jeudi, selon le ministère de l'Intérieur, soit une mobilisation plus de trois fois plus faible que lors de la manifestation du 21 septembre.

Des "dizaines de milliers" de manifestants ont battu le pavé, selon la CGT, qui en avait compté "plusieurs centaines" de milliers le 21 septembre et jusqu'à 500.000 le 12 (223.000 et 132.000 selon la police).

Martinez "déterminé" à aller au bout

"On est déterminés à aller jusqu'au bout", a toutefois assuré à Marseille le leader de la CGT Philippe Martinez, en tête du défilé contre la réforme du Code du travail.

Seules 20.000 personnes ont manifesté dans la cité phocéenne, selon la CGT, contre 50.000 le 21 septembre et 60.000 le 12. Et à Paris, le cortège entre Montparnasse et Denfert-Rochereau en a rassemblé entre 5.500 (police) et 25.000 (CGT), deux fois moins qu'en septembre.

En province, les manifestations ont montré partout une baisse significative, notamment à Pau, Bayonne ou Rennes, mais aussi à Toulouse et Lyon.

"Ce n'est pas spectaculaire, et pourtant ça participe de la construction du mouvement social", a relevé à Rennes Fabrice Le Restif, secrétaire départemental FO, qui a été de tous les défilés contre la réforme.

Le gouvernement a tourné la page

Allusion au propos d'Emmanuel Macron en Corrèze, une banderole proclamait à Lyon : "foutons le bordel".

Mais l'exécutif est déjà passé à autre chose. Édouard Philippe a rappelé dans la matinée que les ordonnances "ont été signées, publiées, sont en vigueur", tout en disant assumer "des désaccords" avec les syndicats.

Le Premier ministre a d'ailleurs entamé cette semaine le deuxième volet de ses réformes sociales, celles de l'apprentissage, de la formation professionnelle et de l'assurance chômage, qui doivent aboutir à un projet de loi en avril.

Pour la CGT et Solidaires, toutefois, pas question de tourner la page des ordonnances.

"La perspective de construction d'une mobilisation unitaire qui mette à bas ces ordonnances est toujours une priorité", a expliqué en début de semaine Éric Beynel, porte-parole de Solidaires.

Julien Marion