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Loi Travail: Gattaz dénonce "une folie législative"

Pierre Gattaz tire "la sonnette d'alarme"

Pierre Gattaz tire "la sonnette d'alarme" - Éric Piermont - AFP

"Dans un entretien au Figaro, le président du Medef revient sur les premiers amendements au projet de loi Travail, qui a été modifié par les députés en commission. Il exprime son inquiétude."

Sans surprise, Pierre Gattaz n'est guère fan des premiers amendements adoptés par les députés en commission sur la loi Travail. Les élus ont retenu plusieurs modifications concernant ce texte, ouvrant notamment le Compte personnel d'activités aux retraités. Le texte n'a évidemment pas encore fini son parcours législatif, et de nouvelles modifications peuvent encore survenir.

Mais le président du Medef ne cache pas pour autant sa colère. "Cette version est un monument de complexité. On est en pleine folie législative. À côté de quelques bonnes mesures, je constate un dévoiement systématique de toutes les idées initiales", peste-t-il dans un entretien au Figaro, ajoutant tirer "la sonnette d'alarme".

"Le devenir de cette loi donnera le ton du dialogue social"

"Cette version reste dans la logique du compromis, des petits arrangements entre amis, du donnant donnant alors qu'il faudrait être dans le gagnant gagnant, comme en Allemagne ou en Suisse. La compétitivité des entreprises a été oubliée", ajoute-t-il.

Pour le patron des patrons, le point le le plus "important, inacceptable même, c'est l'obligation de recourir au mandatement syndical pour négocier un accord dans les petites entreprises".

"Avec cette mesure, qui va toucher 95% des entreprises, on oblige les représentants du personnel, élus par les salariés, à recourir de manière obligatoire à un syndicat ou on ne les considérera pas légitimes pour négocier", complète-t-il.

Et de conclure: "le devenir de cette loi donnera le ton du dialogue social dans les mois et les années à venir. Nous ne pouvons pas discuter avec des organisations qui refusent la mondialisation et ont une culture de lutte des classes".

Près de 2 Français sur 3 ont une mauvaise opinion du Medef

Près de deux Français sur trois déclarent avoir une "mauvaise opinion" du Medef, selon un sondage BVA pour Orange et iTÉLÉ, publié dimanche. 64% des personnes interrogées disent avoir "globalement" une mauvaise opinion du Medef, soit 7 points de plus qu'un an auparavant, tandis que 31% affirment en avoir une "bonne opinion" et 5% ne se prononcent pas. En 2015, le syndicat patronal recueillait encore 37% d'opinions favorables.

J.M.