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Les salariés du dimanche doutent de la future loi

Avec la future loi Mallié, les employés des grands magasins acceptant de travailler le dimanche seront-ils eux aussi payés le double ?

Avec la future loi Mallié, les employés des grands magasins acceptant de travailler le dimanche seront-ils eux aussi payés le double ? - -

Alors que la proposition de loi sur le travail dominical doit être débattue à l’Assemblée, les salariés travaillant déjà le dimanche veulent des garanties.

La proposition de loi UMP sur l'extension du travail le dimanche sera inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée dans la première quinzaine de décembre. Le secrétaire d'Etat à la Consommation, Luc Chatel, l'a confirmé.

La proposition de loi de Richard Mallié doit permettre aux Français qui le souhaitent de travailler le dimanche. Le texte prévoit un droit de refus pour les salariés ainsi qu'un doublement du salaire avec repos compensateur, a encore assuré Luc Chatel. Seules les grandes agglomérations seront concernées. Vendredi dernier, Richard Mallié était sur RMC pour défendre ce nouveau texte.

Les salariés du dimanche s'organisent

De leurs côtés, les travailleurs du dimanche se mobilisent pour faire entendre leur voix et défendre leurs droits. Ils viennent de créer la Confédération Générale des Salariés du Dimanche. Elle regroupe une dizaine d'associations, soit plus de 2 000 personnes. La CGS Dimanche défend le droit des salariés à travailler le dimanche, en exigeant deux conditions réunies : le doublement du salaire brut horaire ce jour là et la liberté de choisir ou non de travailler le dimanche. Et cela pour tous les salariés, y compris ceux qui travaillent déjà le dimanche sans toucher de rémunération complémentaire.

Pour la confédération, la proposition de loi du député UMP Richard Mallié sur l'extension du travail dominical, ne garantit pas clairement et simplement ces droits. Maître Olivier Pardo, l'avocat de la CGS Dimanche, explique ce que la confédération réclame : « La possibilité de travailler librement le dimanche, en étant protégé. De ce point de vue, la loi nouvelle n'apporte guère de protection. D'abord parce qu'elle ne protège pas les salariés qui travaillent déjà le dimanche. Il y a 25% de la population active qui travaille déjà le dimanche. Ceux-là, ils n'ont aucune espèce de protection, ils n'ont pas de possibilité de jouer sur le volontariat et surtout ils ont une rémunération qui est minime par rapport à celle que l'on exige. On demande que le travail le dimanche soit payé le double du travail des autres jours ».

Sophie Hurel préside la CGS Dimanche et estime que la loi de Richard Mallié ne va pas assez loin : « Il ne s'agit pas d'une loi qui autoriserait d'une manière volontaire et franche le travail du dimanche. D'ailleurs, ce n'est pas une loi mais une énième dérogation à la loi de 1906, à laquelle il existe déjà 180 dérogations. En outre, la loi ne stipule pas explicitement que les salaires seront doublés le dimanche ». Elle précise aussi que cette confédération a été créée « pour qu'on entende les salariés du dimanche, pas seulement les commerçants et les syndicats ».

La rédaction et Céline Pitelet