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Les professions de santé en grève avec le soutien des Français

La grève des médecins et les urgentistes a le soutien des deux tiers des Français.

La grève des médecins et les urgentistes a le soutien des deux tiers des Français. - Alex Proimos - Flickr - CC

Au premier jour d'une semaine de mobilisation des professions de santé ce 22 décembre, un sondage d'Opinionway pour BFM Business et Axys consultants, montre que les Français soutiennent leur mouvement.

Le monde médical débraye. Plusieurs grèves sont prévues dans les professions liées à la santé en cette semaine de Noël, à commencer par les urgentistes dès lundi, suivis par les généralistes, puis les spécialistes. Ils protestent notamment contre certain points du projet de loi de Santé de Marisol Touraine. Et visiblement, ils ont l'appui de la population, selon un sondage Opinionway pour BFM Business et Axys consultants, publié ce 22 décembre.

Les Français comprennent le mouvement de grève des médecins et des urgentistes à 63%, contre 36% qui n'y adhèrent pas. Les plus compréhensifs sont les jeunes de 18 à 24 ans, les catégories socio-professionnelles les plus modestes et les fonctionnaires, tous à 68%, ainsi que les femmes, à 67% (contre seulement 58% des hommes). En fonction de la proximité partisane, ceux qui se sentent proche du MoDem, de l'UMP et du FN sont les plus solidaires de la grève, à 71%.

Les Français favorables à une augmentation du prix de la consultation

Sur les motivations de cette grève, les sondés sont également plutôt du côté du monde de la santé. Par exemple sur la revalorisation de la consultation. La Fédération des généralistes de France souhaite que son prix passe de 23 euros à 25 euros. L'échantillon interviewé par Opinionway trouverait acceptable, à 52%, une telle augmentation. 47% n'y serait en revanche pas favorable.

Ce point divise surtout en fonction de l'âge: une forte majorité des individus entre 18 et 34 ans juge inacceptable que le coût de la consultation chez leur médecin généraliste augmente de 2 euros (63% et plus). Les interviewés entre 35 et 49 ans sont également plus de la moitié à penser ainsi, mais dans une moindre mesure (54%). La tendance s'inverse passé 50 ans.

Au regard de la proximité partisane, on constate que les plus hostiles à une augmentation du prix de la visite de routine sont les partisans du Front national (57%), ceux de la gauche radicale (58%), et ceux qui se disent sans préférence (55%). Suivent ceux qui se déclarent proche du Modem (47%), puis ceux proches du Parti socialiste (44%) et enfin ceux proches de l'UMP (35%).

Désaccord sur la généralisation du tiers-payant

A l'inverse, les sondés se désolidarisent des médecins quant à la généralisation du tiers payant d'ici 2017 – c'est-à-dire la dispense d'avance de frais. Les généralistes dénoncent ce point contenu dans le projet de réforme de la ministre de la Santé car ils craignent que des contraintes techniques occasionnent des retards de paiement.

Or les Français interrogés dans cette enquête sont largement favorables à cette généralisation, sans prise en compte des ressources de chacun. 67% d'entre eux se disent pour, 32% contre. Et ce, quels que soient le sexe, l'âge, la catégorie socioprofessionnelle, le statut ou la sensibilité politique. La répartition des "pro" et des "anti" en fonction de ces critères varie peu: entre 62 et 69% de "pour" et entre 31 et 36% de "contre". A l’exception des sympathisants du PS, qui soutiennent davantage cette mesure, à 74%.

Méthodologie: un échantillon de 1.032 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, a été interrogé sur internet. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Pour cette taille d’échantillon, la marge d’incertitude est de 2 à 3 points. 

Nina Godart