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Les producteurs de lait préparent leur journée d'action de jeudi

Les syndicats de producteurs de lait français préparent leur journée d'action de jeudi dans l'espoir de convaincre leurs grands clients industriels d'engager des négociations sur les prix. Depuis plusieurs semaines, ils assortissent leurs revendications d

Les syndicats de producteurs de lait français préparent leur journée d'action de jeudi dans l'espoir de convaincre leurs grands clients industriels d'engager des négociations sur les prix. Depuis plusieurs semaines, ils assortissent leurs revendications d - -

PARIS (Reuters) - Les syndicats de producteurs de lait français préparent leur journée d'action de jeudi dans l'espoir de convaincre leurs grands...

PARIS (Reuters) - Les syndicats de producteurs de lait français préparent leur journée d'action de jeudi dans l'espoir de convaincre leurs grands clients industriels d'engager des négociations sur les prix.

Au terme d'une réunion la semaine dernière, ils ont donné jusqu'au 12 août aux industriels qui ne jouent pas le jeu pour payer la tonne de lait au juste prix conformément à un accord en ce sens conclu l'an dernier.

Depuis plusieurs semaines, ils assortissent leurs revendications d'opérations de "stickage" de produits dans les rayons des supermarchés pour informer les consommateurs.

Dans leur collimateur, certaines coopératives et les géants fromagers Lactalis, Bongrain et Bel, qui fabriquent notamment le camembert Président, les fromages Caprice des Dieux et La Vache qui rit.

Les producteurs leur ont envoyé une lettre pour demander d'être reçus aux sièges de ces différents groupes jeudi matin à 11h00.

"Ce qu'on souhaite, c'est qu'à la sortie de cette journée, tout le monde soit d'accord pour retourner assez rapidement à la table des négociations au niveau de l'interprofession", a dit à Reuters Rachël Guiquerro, responsable de la section lait au syndicat Jeunes agriculteurs.

"Sinon, on va durcir le mouvement sous une forme dont nous n'avons pas encore discuté", a-t-elle ajouté.

OPÉRATIONS DE "STICKAGE"

Les producteurs appellent au boycottage des produits des industriels considérés comme des mauvais payeurs, marqués par leurs soins de la mention "commerce non équitable" ou "ces marques volent les producteurs de lait et vous-mêmes" dans les rayons des magasins.

Entamées en juillet, les opérations de "stickage" se sont poursuivies ces derniers jours dans les régions productrices de lait - Normandie, Midi-Pyrénées, Massif Central, Rhône-Alpes, notamment.

Selon un responsable des Jeunes agriculteurs, certaines grandes surfaces ont même accepté de retirer des rayons les produits incriminés.

Ces actions ont été bien reçues sur le terrain, selon Rachël Guiquerro.

"Quand c'est bien expliqué, c'est bien pris", a estimé la productrice de lait du Morbihan, qui compte sur une réaction des industriels "dans la mesure où leur image est atteinte".

En vertu de l'accord passé l'an dernier, les producteurs demandent une revalorisation des prix de plus de 10% sur l'ensemble de l'année, soit une hausse de 31 euros la tonne de lait qui se négocie actuellement autour de 300 euros.

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a déclaré qu'il comprenait "parfaitement" la colère des producteurs, qui doivent être selon lui "correctement rémunérés".

Elizabeth Pineau, édité par Yann Le Guernigou