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Les DRH ont le blues

Les DRH se sentent de plus en plus isolés dans leurs fonctions.

Les DRH se sentent de plus en plus isolés dans leurs fonctions. - Salim Fadhley - Flickr CC

La profession traverse une crise. Seul un responsable des ressources humaines sur deux est content de son travail, selon une étude ADP. Et du côté des salariés, le scepticisme règne sur leur efficacité au sein d'une entreprise.

Gérer les ressources humaines au sein d'une entreprise, un sacerdoce? L'exercice peut en tout cas être périlleux, au vu de l'expérience vécue lundi par le directeur des ressources humaines d'Air France, qui a été violemment pris à partie par des employés en colère. Un épisode qui ne fait qu'illustrer le climat de défiance qui règne au sein des entreprises vis-à-vis de la profession.

Ainsi, quand on interroge des salariés sur le rôle d'un DRH, ils émettent des doutes sur l'utilité et l'efficacité de la fonction. Ils sont 85% à trouver que les services fournis par les ressources humaines de leur entreprise ne sont pas à la hauteur, selon une étude réalisée par l'expert de la gestion des ressources humaines ADP. A la question "qu'est-ce que le DRH fait de bien", seulement 26% sont satisfaits de la facilité pour avoir une réponse à leurs questions.

Une méconnaissance des fonctions RH

Et de manière générale, l’opinion des salariés sur la qualité de gestion de l’entreprise tend à baisser au fur et à mesure que la taille de l’entreprise augmente. Pour leur défense, les professionnels mettent en avant un manque de communication, les collaborateurs ignorant bien souvent la complexité des actions mises en œuvre par le service.

Mais le doute gagne aussi les DRH. 50% d'entre eux seulement sont contents de leur travail. Il faut dire qu'il est fini, ce temps où le DRH était un ancien militaire reconverti en chef du personnel. Aujourd'hui, il y a trois dimensions dans son travail :

> le régalien : les salaires

>la prestation de services : la gestion des recrutements

>le contre-pouvoir : avoir un rôle qui le place au dessus des managers

Et selon le psychiatre Eric Albert, "la principale qualité du DRH c'est la résistance à la frustration. C'est un job où on se focalise sur les problèmes". Et pour le psychiatre, la déception vient aussi des profils. "Souvent, les DRH choisissent ce job parce qu'ils aiment l'humain, ils se retrouvent à faire du juridique et mal en plus".

Pourtant, si le DRH a le blues, l'homme fort de l'entreprise de demain, ce pourrait être lui. Selon les experts d'ADP "il ne sait pas encore bien qui il est mais demain, c'est lui qui sera peut-être face aux actionnaires à la place du directeur financier"

L.C avec C.C.