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Les avocats bientôt remplacés par des robots

D'ici 2013, les tâches des jeunes avocats seront aussi bien réalisées par des robots.

D'ici 2013, les tâches des jeunes avocats seront aussi bien réalisées par des robots. - MATTHIEU ALEXANDRE-AFP

Les professions juridiques ont manifesté ce mercredi contre le projet de loi Macron. Mais le véritable risque pour elles, à moins long terme qu'on pourrait le croire, est d'être concurrencées par l'intelligence artificielle.

Manuel Valls et Emmanuel Macron ont détaillé ce 10 décembre leur projet de loi sur la croissance. Une centaine d'articles dont l'ambition est de déverrouiller l'économie française. L'une des mesures phares du texte est de déréglementer certaines professions juridiques, comme les notaires ou les avocats.

Les membres de ces corporations ont d'ailleurs manifesté ce même mercredi pour protester contre le texte. Les avocats ne sont pas au bout de leur peine, car la vraie menace qui pèse sur eux, à moyen terme, c'est d'être remplacés par des robots.

Une récente étude du cabinet londonien de conseil juridique Jomati Consultant, reprise par le site spécialisé Legal Futures, affirme ainsi que d’ici à 2030, des systèmes d’intelligence artificielle remplaceront le travail des plus jeunes avocats.

L'ensemble de la profession menacée

Ce rapport intitulé "civilisation 2030: le futur proche des sociétés juridiques", précise ainsi qu’un seul robot pourra effectuer des tâches de base, réalisées aujourd’hui par une douzaine de jeunes associés.

"Ce ne sont pas seulement les jeunes avocats qui sont menacés, mais l’ensemble de la profession. On voit apparaître aujourd’hui tout un écosystème de startups spécialisées dans le domaine du juridique. Celles-ci proposent des services autour des bases de données prédictives, des prévisions sur la législation ou encore du profilage de magistrats", souligne Frédéric Pelouze, ancien avocat et fondateur d'Alter Litigation et du Think Tank L’Incubateur.

Pour les entreprises qui sauront prendre ce virage, l’arrivée des robots, des systèmes d’intelligence artificielle et des solutions Big Data ouvre de nouvelles perspectives que refusent de voir les professions traditionnelles. A l’instar des taxis, si les professions juridiques tardent à se transformer, la menace de voir une partie du métier disparaître est forte.

Le numérique démocratise le droit

"Les enjeux de cette transformation sont double, juge Frédéric Pelouze. Les clients vont bénéficier d’un accès au droit plus simple. Les systèmes numériques intelligents sauront parfaitement répondre aux besoins du grand public. Les machines vont, en quelque sorte, démocratiser le droit. Ce que les avocats n’ont pas su faire".

"Le deuxième enjeu porte lui sur l’avenir de la profession. S’ils continuent à s’arcbouter sur leurs positions sans chercher à intégrer le numérique, les avocats ainsi que d’autres professions juridiques vont se tirer une balle dans le pied", prédit Frédéric Pelouze.

La responsabilité de cet accompagnement vers les technologies repose aujourd’hui sur les représentants de la profession. Les premières mesures à prendre sont assez simples comme la mise en place de solutions de relations clients. "Nous sommes une profession qui ne démarche jamais des clients et qui n’utilisent du coup aucun des outils à notre disposition pour élargir notre clientèle", clame Frédéric Pelouze.

Une menace ou une opportunité?

La profession d’avocats pourrait également s’ouvrir aux financements extérieurs et en profiter pour accélérer le déploiement de plateformes numériques. L’intelligence artificielle, les moteurs de recherche sémantiques, les systèmes Big Data, peuvent être perçus comme des opportunités pour les avocats. 

Plutôt que de subir leur arrivée déjà programmée, il faut que dès aujourd’hui, les avocats cherchent à les utiliser pour accroître plus rapidement leur expertise. "Il faudra faire avec le numérique, c’est inéluctable. Les experts juridiques de demain sont sans doute en train de naître en ce moment. A nous d’en faire partie", conclut Frédéric Pelouze.

La responsabilité de cet accompagnement vers les technologies repose aujourd’hui sur les représentants de la profession. Les premières mesures à prendre sont assez simples comme la mise en place de solutions de relations clients. "Nous sommes une profession qui ne démarche jamais des clients et qui n’utilisent du coup aucun des outils à notre disposition pour élargir notre clientèle", clame Frédéric Pelouze.

Frédéric Simottel