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Trois millions d'emplois détruits par les robots?

Quelques robots, dont le Français Nao, mis au point par Aldebaran, au Musée du robot de Madrid.

Quelques robots, dont le Français Nao, mis au point par Aldebaran, au Musée du robot de Madrid. - Gerard Julien-AFP

Le recours à des automates dans tous les secteurs de l'Economie aurait mené à la disparition de 3 millions d'emplois, selon une étude Roland Berger pour le Journal du Dimanche du 26 octobre.

Les robots qui remplacent les êtres humains, de la science-fiction? Plus vraiment, en tout cas sur certains emplois. En atteste une étude Roland Berger pour le Journal du Dimanche du 26 octobre. Elle montre que d'ici 2025, 20% des tâches seront automatisées. Et plus de 3 millions de salariés se trouveraient dépourvus d'emploi au profit des machines

Une liste sans fin de secteurs est concernée: l'agriculture, l'hôtellerie, les administrations publiques, l'armée et la police. Seuls seraient épargnés, selon l'hebdomadaire, l'éducation, la santé et la culture.

Des emplois qualifiés occupés par des machines 

Les automates ne spolieraient en outre plus seulement les jobs les moins qualifiés. La robotisation "va toucher les classes moyennes, y compris supérieures. C'est-à-dire certaines professions intellectuelles dont on va pouvoir automatiser certaines tâches, comme les comptables, les juristes, les journalistes", prévoit Hakim el Karoui, associé au cabinet Roland Berger.

L'impact sur le chômage, qui a encore battu des records en septembre, serait majeur: les pertes brutes s'élèveraient à 18%. Car dans le même temps, seuls 500.000 nouveaux postes seraient créés, dans l'environnement, les nouvelles technologies et la relation client, raconte encore le journal.

La maintenance de robot deviendrait de fait un secteur à débouchés. Mais ces métiers présentent une faible valeur ajoutée, déplore le JDD. Les emplois très pointus dans l'innovation seraient également maintenus, des emplois à "forte compétition au niveau mondial".

Risque de déflagration sociale

Le regain de productivité généré par la mécanisation de ces tâches ferait gagner 30 milliards d'euros de recettes fiscales et d'économies budgétaires, et générerait le même montant d'investissement privé, montre encore l'étude. Les entreprises débourseraient aussi 60 millions d'euros pour s'équiper en machines-employés. 13 milliards d'euros de pouvoir d'achat seraient ainsi libéré, sous forme de dividendes ou de baisse de prix.

Mais à long terme, la population serait menacée d'inactivité forcée. Et, comme le note Hakim el Karoui, "le système fiscal n'est pas adapté pour prélever une partie de la richesse engendrée (par le numérique) l'effet de redistribution est donc très limité".

Mettant en garde contre un risque de déflagration sociale, l'associé chez Roland Berger appelle à "anticiper, qualifier, dire la vérité (…) créer un électrochoc dans l'opinion dès maintenant". Sous peine de voir la défiance envers les élites se renforcer, avec des impacts politiques graves.

N.G.