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Les auto-écoles appelées à manifester lundi

Une nouvelle épreuve du code de la route va prochainement être mise en place.

Une nouvelle épreuve du code de la route va prochainement être mise en place. - Joel Saget - AFP

Le principal syndicat du secteur réclame le report de la nouvelle épreuve du code de la route, estimant que les professionnels n’y sont pas préparés. Une opération escargot est prévue à partir de 7 heures.

Le gouvernement a-t-il confondu vitesse et précipitation? C'est en tout cas le sentiment du principal syndicat des auto-écoles françaises, qui appelle à manifester lundi matin à Paris et dans plusieurs villes de province. Le tout afin de demander un report de la nouvelle épreuve du code de la route, prévue en avril.

"Nous venons de recevoir les nouveaux codes. On n'a pas le temps de former les enseignants à toutes les nouvelles questions et c'est beaucoup trop court pour préparer les élèves à un examen qui doit entrer en vigueur le 18 avril", a déclaré à l'AFP Eglantine Douchy, du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA). "C'est comme si on changeait le programme du bac deux mois avant. C'est inimaginable. Nous demandons un report de quatre mois du nouvel examen", a-t-elle ajouté.

Le CNPA appelle à des rassemblements aux portes de Paris dès 7 heures lundi, avec pour objectif de gagner à une allure d'escargot le Champ-de-Mars. Plusieurs cortèges sont aussi prévus en province, notamment à Lyon, Toulouse, Angers et en outre-mer.

Premier syndicat d'une profession comptant quelque 11.000 exploitants d'auto-écoles, le CNPA est la seule organisation à appeler à manifester, les deux autres principaux syndicats étant au contraire satisfaits des modalités de mise en place de la réforme du permis de conduire.

"Cette réforme était attendue et voulue"

Présentée il y a quelques mois par le ministère de l'Intérieur, cette réforme vise notamment à réduire les délais de passage du permis à 45 jours, soit la moitié du temps moyen d'attente aujourd'hui. Un délai pouvant aller jusqu'à six mois dans certaines régions.

"Cette réforme était attendue et voulue. Il y a deux ans, on était au bord de l'asphyxie tellement on manquait d'inspecteurs sur le terrain. On était tous réunis en intersyndicale pour exiger que l'examen du code soit privatisé, pour libérer les inspecteurs en charge de ces épreuves", a de son côté affirmé Jean-Pierre Lemonier, secrétaire général de l'Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec). "Nous avons obtenu que d'autres agents soient formés à faire passer le code, notamment à La Poste: c'est contesté par certains, mais cela va concrètement permettre de créer 173.000 places d'examen de plus par an", a-t-il expliqué.

Quant aux 1.000 questions nouvelles du code, "cela va demander aux candidats plus de travail, mais c'est pour mieux garantir leur sécurité", estime le représentant de l'Unidec.

Au CNPA, on regrette une réforme certes attendue mais mise en musique "dans la précipitation" et "sans concertation suffisante" avec la profession. "On n'est pas contre la réforme, mais ce n'est pas sérieux de faire cela aussi vite. Pour les questions de premiers secours par exemple, ça demande du temps de former les gens, en toute sécurité", selon Thierry Revoyre, représentant du CNPA à Lyon, qui sera lundi sur le périphérique dès 06H30.

En 2015, la France comptait 10.961 exploitants d'auto-écoles, employant 25.000 salariés, enseignants et personnel administratif confondus. Chaque année, il y a environ 1,6 million de candidats, dont quelque 830.000 obtiennent le permis, selon des données du ministère de l'Intérieur.

Y.D. avec AFP