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Les abattoirs normands AIM placés en redressement judiciaire

Charly Triballeau - AFP

Charly Triballeau - AFP - Des employés des abattoirs AIM manifestant devant le tribunal de commerce, ce mardi 6 janvier.

Le tribunal de commerce de Coutances, dans la Manche, a décidé de placer en redressement judiciaire les abattoirs normands, ce mardi 6 janvier. Environ 600 emplois sont menacés.

Les abattoirs normands AIM, qui emploient 600 personnes, ont été placés en redressement judiciaire, ce mardi 6 janvier. L'avocate du comité central d'entreprise, Elise Brand, en a fait l'annonce aux salariés réunis devant le tribunal de commerce de Coutances, situé dans la Manche.

Cette entreprise fait l'objet d'une période d'observation de six mois, a précisé Elise Brand. Selon elle, la survie de l'entreprise n'est envisageable qu'à condition qu'elle soit rapidement cédée à un repreneur, compte tenu de l'état de sa trésorerie.

Le scénario Gad redouté

Les syndicats redoutent à moyen terme un scénario similaire à celui de leur concurrent breton Gad, dont les effectifs ont été drastiquement réduits. Sur les 1.700 salariés que comptaient la société mi-2013, le repreneur SVA Jean Rozé, filiale d'Intermarché, a fait la promesse, en octobre 2014, d'en maintenir 530 sur 755 dans le seul abattoir restant du groupe. 

"Un repreneur oui, mais à quelles conditions ? Nous ce qu'on ne veut pas, c'est un petit Gad", avait ainsi résumé lundi Johnny Poisnel, délégué CFDT d'AIM à la sortie d'un comité central d'entreprise (CCE).

Pour la direction, toutefois, "on n'en est pas du tout au stade de savoir s'il va y avoir une restructuration industrielle. Il s'agit de demander un redressement judiciaire, pour trouver un ou plusieurs investisseurs sur lesquels s'adosser", a-t-elle fait savoir, précisant qu'elle espérait boucler son tour de table dans les "premiers mois" de 2015. Mais selon Elise Brand "on a déjà fait comprendre aux représentants du personnel que la messe était dite et que le repreneur était déjà trouvé, que la casse sociale serait énorme. C'est déplorable".

L'embargo russe comme motif de crise

Comme chez Gad, la direction des AIM met en avant l'embargo russe sur le porc européen, mais aussi "la concurrence de l'Allemagne et de l'Espagne sur l'espèce porcine avec l'utilisation du dumping social", ou "la guerre des prix de la grande distribution" pour expliquer des "difficultés de trésorerie".

"Il a bon dos l'embargo russe", rétorque Johnny Poisnel qui, à l'instar des autres syndicalistes dénonce "la gestion de l'entreprise" depuis le rachat en 2003 par l'actionnaire principal actuel CAP 50. "Cette direction, on n'en veut plus. On préfère un repreneur plutôt qu'une bande de truands qui a coulé le bateau", a déclaré mardi dans la manifestation Jean-François Monnereau, délégué CFDT de l'établissement d'Antrain.

Les salariés d'AIM ont particulièrement mal vécu d'avoir dû passer Noël en n'ayant perçu en décembre que 800 euros au lieu des 3.000 euros qu'ils auraient dû recevoir en moyenne, selon la CFDT. Le conseil général de la Manche a partiellement compensé cette mauvaise nouvelle en faisant un don de 500 euros à la plupart des salariés normands.

J.M. avec AFP