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Le pacte de responsabilité de Hollande séduit les économistes

François Hollande a détaillé son "pacte de responsabilité" lors de sa conférence de presse, mardi 14 janvier.

François Hollande a détaillé son "pacte de responsabilité" lors de sa conférence de presse, mardi 14 janvier. - -

Plusieurs économistes ont réagi après l'annonce présidentielle d'une baisse des charges sur les entreprises, mardi 14 janvier. Ils se sont globalement montrés satisfaits du changement de ton de François Hollande.

Le tournant social-libéral de François Hollande, amorcé lors de sa conférence de presse, semble avoir convaincu les économistes interrogés par l'agence Reuters.

Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas, note ainsi que "François Hollande a fait de la réduction du chômage et de l'amélioration de la situation des jeunes des priorités claires. Il a clairement admis qu'il veut poursuivre une politique économique de soutien à l'offre, une première pour un dirigeant socialiste". "Hollande a mentionné le faible niveau record de la profitabilité des entreprises comme un handicap pour l'économie, l'investissement, la production et l'emploi", poursuit-il. "C'est une inquiétude que les responsables socialistes ne mentionnent d'habitude pas, c'est un changement de ton clair."

Pour Michel Martinez, chef économiste euro à Société générale, "c'est un message positif, on reconnaît que la faiblesse des marges des entreprises est un vrai problème. Le CICE n'a été qu'une première étape et il y aura une suite". Malgré tout, "on nous annonce 30 à 35 milliards d'euros alors que le rapport Gallois évaluait les besoins entre 80 et 100 milliards. L'effort est significatif mais il ne suffira sans doute pas à régler le problème de compétitivité de l'économie française et son financement ne laisse présager d'aucune inflexion de la trajectoire de la dette, ce qui fait que les finances pûbliques resteront vulnérables à un nouveau choc."

Une vision pour les entreprises à l'horizon 2017

Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management, parle quant à lui d'un "changement de repères par rapport à une situation observée depuis le début de la crise, qui était systématiquement plus favorable aux ménages qu'aux entreprises. Cette situation est en train de changer." Selon lui, "l'autre point intéressant, c'est l'idée que les entreprises puissent avoir une vision des prélèvements auxquels elles sont soumises à l'horizon 2017. Les inquiétudes des entreprises sur l'instabilité fiscale vont être atténuées et cela peu permettre de retrouver une dynamique de l'investissement plus favorable."

Malgré tout, Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès, se montre sceptique: "ce qui a été présenté est un peu minimaliste, à la fois en termes de baisse de charge et de baisse de dépenses, les montants ne sont pas très importants." "Les mesures annoncées sont assez traditionnelles", renchérit-il, "avec d'un côté des baisses de charges financées par des baisses de dépenses publiques et une augmentation du potentiel de croissance par des simplifications." "Le raisonnement sous-jacent est : il y a un rebond de la croissance mondiale et il faut donner à la France les moyens d'en profiter. J'achète la totalité de ce raisonnement", reconnaît-il. "Ce que je n'achète pas du tout, ce sont toutes les contreparties en termes de créations d'emplois. L'idée d'un donnant-donnant entre l'Etat et les entreprises me paraît un non sens. Rien ne peut forcer les entreprises à créer des en contrepartie de je ne sais quelles suppressions de charges sociales."

Y. D. avec Reuters