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Le manque de talents empêche la moitié des PME et ETI de grandir

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- - Tim Samoff - Flickr - CC

Les trois quarts des PME et ETI éprouvent des difficultés à recruter, et le départ de salariés clés fait dire à 57% d'entre elles qu'elles manquent de talents qui lui permettraient de grandir, selon une étude parue ce lundi.

Plus des trois quarts des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) éprouvent des difficultés de recrutement, et pour 42% d'entre elles ont déjà fait face à des départs de salariés clés, des problèmes qui empêchent ces entreprises de croître, révèle une étude.

Selon cette enquête de Bpifrance Le Lab, réalisée auprès de 2.000 dirigeants de PME (entreprises allant jusqu'à 250 salariés) et ETI (de 250 à 5.000 salariés), 57% de ces entreprises estiment manquer de talents pour grandir.

Des difficultés structurelles

Ce sentiment apparaît "très fortement lié aux difficultés à recruter et à maintenir les compétences-clés dans l'entreprise", explique l'étude: 83% des PME-ETI - qui sont près de 150.000 en France - disent éprouver des difficultés à embaucher et 42% disent faire quelquefois, voire souvent, face à la fuite de compétences-clés.

Il s'agit là de difficultés de recrutement "structurelles", non liées aux tensions de recrutement signalées récemment par les chefs d'entreprises, apparues à la faveur du regain de croissance en France, a précisé Elise Tissier, directrice du Lab de Bpifrance.

Plusieurs raisons à ce phénomène: l'implantation géographique de ces entreprises qui constitue parfois un handicap à leur politique de ressources humaines et la pénurie de compétences, en particulier en ce qui concerne les profils opérationnels (ouvriers qualifiés, chauffeurs, comptables, etc.)

Des exigences trop élevées?

Le manque d'attractivité par rapport aux grandes entreprises que ce soit en termes de salaires, d'avantages sociaux ou encore de prestige, y est aussi pour beaucoup. Enfin, les exigences parfois trop élevées des PME et ETI et le manque de structuration de la fonction "ressources humaines" dans ces entreprises.

Pour remédier à ces difficultés, Bpifrance préconise de faire évoluer la gestion des ressources humaines et le management, en proposant des primes de performance individualisées, en mettant en place une politique de participation ou d'intéressement, ou encore en ouvrant le capital de ces entreprises aux salariés. L'organisation de réunions ou de séminaires pourrait aussi leur permettre de fidéliser leurs salariés.

Enfin, l'étude recommande aux entreprises d'amplifier leur présence sur les réseaux sociaux et de développer leur "marque employeur", en nouant par exemple des partenariats avec des écoles, en obtenant des labels témoignant de la qualité de vie au travail ou encore en développant leur présence numérique.

N.G. avec AFP