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Le gouvernement pourrait réduire les aides à l'emploi

L'exécutif ne prendra cette décision que si le chômage baisse, a assuré Bruno Le Maire.

Le gouvernement envisage de réduire les aides sociales à l'emploi dans l'objectif de baisser les déficits publics, s'il y a suffisamment de créations d'emplois dans le privé, a annoncé ce dimanche le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

"Sur la politique de l'emploi, je considère qu'à partir du moment où nous réussissons à créer des emplois dans le secteur privé (...) il peut être légitime de réduire la politique sociale sur l'emploi", a-t-il affirmé lors de l'émission "Le Grand Rendez-vous" Europe 1-Les Echos-CNEWS.

"Nous pensons que nous ne sommes pas condamnés à compenser les inégalités par toujours plus de dépense publique, c'est-à-dire toujours plus d'impôts au bout du compte pour le contribuable", a-t-il ajouté.

Bruno Le Maire n'a pas précisé les aides sociales visées, mais Le Monde a révélé vendredi que Bercy étudiait des pistes visant à revoir les critères d'attribution de certaines aides sociales ou à réduire leur montant, dans l'objectif de tenir les engagements budgétaires du gouvernement.

"Traiter les inégalités à la racine"

Dans ce document, intitulé "Transformer les prestations sociales", la direction du Budget estime que les aides sociales constituent "un poids croissant" pour les finances publiques, de l'ordre de 26% des dépenses. Contacté par l'AFP vendredi, le ministère des Comptes publics avait alors assuré que ces propositions n'émanaient pas du gouvernement. "Il s'agit d'un document de travail technique de l'administration", a-t-on expliqué.

Selon Bruno Le Maire, "la manière dont on lutte contre les inégalités depuis 20 ou 30 ans en France n'est pas la bonne. Il y a des inégalités importantes liées à la formation, liées à la qualification, liées à l'emploi et au chômage et nous compensons ces inégalités importantes en France par des aides sociales toujours plus élevées." "Nous voulons rompre avec cela, traiter les inégalités à la racine, en formant mieux, en qualifiant mieux, en donnant des emplois", a-t-il poursuivi. "Cela nous autorise ensuite à réduire le montant des aides sociales qui sont distribuées pour compenser ces inégalités."

Pour autant, a-t-il assuré, "ça ne nous interdit pas de continuer à aider les plus fragiles, parce que nous savons bien qu'il y a des personnes qui de toute façon, auront besoin de ces aides".

Y.D. avec AFP