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Le gouvernement confronté à la grogne des médecins

Marisol Touraine défend le récent accord sur les dépassements d'honoraires

Marisol Touraine défend le récent accord sur les dépassements d'honoraires - -

Malgré la signature d'un récent accord entre syndicats de médecins et sécurité sociale sur l'encadrement des dépassements d'honoraires, de nombreux médecins font grève, ce lundi 12 novembre, pour réclamer des hausses de tarifs.

Médecins libéraux, hospitaliers et internes des hôpitaux sont en gève, ce lundi, pour réclamer des hausses d'honoraires pour les premiers, des revalorisations de statut pour les derniers. Pas moins de 25 organisations syndicales - dont beaucoup sont peu représentatives- appèlent donc à cesser le travail et manifester aujourd'hui.

Officiellement, c'est la question de l'encadrement des dépassements d'honoraires qui focalise le mécontentement. Malgré un accord plutôt favorable aux médecins, signé le 23 octobre, entre l'Assurance-maladie et les principaux syndicats de praticiens, les médecins spécialistes contestent toujours la volonté du gouvernement de limiter les excès de certains médecins en matière d'honoraires.

Pas question en tout cas pour le gouvernement de revenir en arrière. "Cet accord est bon pour les patients qui pourront, grâce au contrat d'accès aux soins, être mieux remboursés par l'assurance-maladie. Il est bon pour les médecins dont le remboursement de certains actes par l'assurance-maladie va augmenter de 8% sur trois ans", se défend Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France de ce lundi.

Comme sous Sarkozy

En fait, au delà du problème des dépassements d'honoraires, le corps médical craint que les projets gouvernementaux, en matière de santé publique ou de "déserts médicaux", leur soient défavorables. Et ce, alors même que le déficit persistant de l'assurance-maladie (-13,9 milliards d'euros de déficit prévu en 2013) rend quasi-impossible une vraie revalorisation des honoraires à court terme. "Il y a des années que cette profession, comme d'autres, a le sentiment d'être perpétuellement mis en accusation", a estimé en tout cas, ce lundi sur RMC et BFMTV, François Bayrou.

Comme il l'avait fait sous Nicolas Sarkozy en 2010, une partie du corps médical prend donc l'opinion à témoin, en espérant peser ainsi sur le gouvernement. Pour ce dernier, la grogne des blouses blanches tombe mal : elle se conjugue avec d'autres pour plomber un peu plus le climat social.

Patrick Coquidé