BFM Business

Le contrat de Banier rémunère un "vrai service", assure L'Oréal

Le directeur général de L'Oréal, Jean-Paul Agon, a assuré jeudi que les contrats accordés par le groupe au photographe Jean-Marie Banier (photo) répondaient à des services rendus et que l'affaire Bettencourt n'entravait en rien la marche de l'entreprise.

Le directeur général de L'Oréal, Jean-Paul Agon, a assuré jeudi que les contrats accordés par le groupe au photographe Jean-Marie Banier (photo) répondaient à des services rendus et que l'affaire Bettencourt n'entravait en rien la marche de l'entreprise. - -

par Pascale Denis PARIS (Reuters) - L'Oréal a assuré jeudi que les contrats accordés par le groupe au photographe Jean-Marie Banier répondaient à...

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'Oréal a assuré jeudi que les contrats accordés par le groupe au photographe Jean-Marie Banier répondaient à des services rendus et réaffirmé que l'affaire Bettencourt n'entravait en rien la marche de l'entreprise.

Une enquête préliminaire de police a été ouverte en juillet par le parquet de Paris sur la mission de "conseil artistique" confiée en 2001 au photographe par l'ancien PDG de L'Oréal, Lindsay-Owen Jones, pour 405.000 euros annuels auxquels s'ajoute un contrat de "parrainage" de 305.000 euros par an.

Au total, la rémunération annuelle de François-Marie Banier chez L'Oréal atteint ainsi 710.000 euros pour un contrat qui arrive à échéance en 2011.

"La plainte est non fondée", a déclaré jeudi le directeur général de L'Oréal Jean-Paul Agon, lors d'une conférence consacrée aux résultats semestriels du groupe de cosmétiques.

"Il y a un vrai service donné par Banier", a-t-il ajouté.

Cette enquête a fait suite à une plainte déposée pour "abus de biens sociaux" par un avocat, Frédérik-Karel Canoy, disant représenter un petit actionnaire du géant des cosmétiques.

Le groupe avait alors déclaré en juillet qu'il se défendrait "de l'accusation totalement infondée contenue dans la plainte d'un actionnaire individuel".

Les syndicats de L'Oréal vont quant à eux demander des explications sur ce contrat lors du prochain comité central d'établissement du groupe.

François-Marie Banier, 63 ans, est visé par une plainte pour "abus de faiblesse" déposée par la fille de Liliane Bettencourt, qui estime que le photographe spolie la milliardaire de 87 ans. Cette dernière lui a fait des dons d'une valeur d'un milliard d'euros environ.

PAS DE "CADEAU" POUR L'ACTUEL DG

Les deux anciens dirigeants de L'Oréal, François Dalle, mort en 2005, et Lindsay-Owen Jones, actuel président non exécutif, auraient eux aussi reçu des dons de la part de Liliane Bettencourt. Lindsay-Owen Jones n'a ni démenti ni confirmé en avoir reçu pour des sommes estimées, selon la presse, à environ 160 millions d'euros.

Interrogé par Les Echos jeudi, Jean-Paul Agon affirme quant à lui n'en avoir reçu aucun. "Le seul cadeau que m'ait fait Mme Bettencourt c'est de m'accorder sa confiance", dit-il.

Alors que l'affaire Bettencourt revient sur le devant de la scène avec la reprise des auditions du parquet de Nanterre, Jean-Paul Agon a réaffirmé que cette "dispute familiale regrettable" n'affectait pas la marge de l'entreprise.

Le conflit entre Liliane Bettencourt et sa fille Françoise Meyers-Bettencourt a nourri les spéculations sur les intentions de cette dernière concernant l'avenir de la participation familiale. Tout comme les dernières déclarations de Nestlé, deuxième actionnaire de L'Oréal, avec 29,8% du capital, après la famille Bettencourt (31%).

Le président du géant suisse de l'agroalimentaire, Peter Brabeck-Letmathe, a ainsi déclaré mercredi au quotidien HandelsZeitung que le groupe n'avait pas encore arrêté sa position sur l'avenir de sa participation dans L'Oréal mais que le conseil d'administration lui avait demandé de "réfléchir à ce que pourrait être le développement à long terme" (de cette participation).

Jusqu'ici, Nestlé avait toujours prôné le statu quo.

Interrogé sur ces déclarations, Jean-Paul Agon a estimé que ce mandat était "tout à fait normal" et lui paraissait être un "non-événement".

Nestlé et la famille Bettencourt sont liés par un pacte d'actionnaires qui court jusqu'en 2014. Si la famille décidait de vendre ses parts, elle devrait le faire en priorité à Nestlé, et vice versa. Le groupe suisse s'est aussi engagé au statu quo du vivant de Liliane Bettencourt et pendant une durée de six mois après sa disparition.

Mais aux dires de certains analystes, ce pacte ne diminue en rien le caractère spéculatif du titre.

Edité par Dominique Rodriguez