BFM Business

Laurent Berger: "Le gouvernement n'a pas su montrer le cap avec cette loi"

"Concernant le projet de loi El Khomri, le représentant de la CFDT regrette "une série de mesures", estimant que "le pays a davantage besoin de sens". "

Le secrétaire général de la CFDT était l’invité d’Apolline de Malherbe ce jeudi matin sur BFM TV/RMC. Il estime que le gouvernement n’a pas su rester sur une ligne cohérente lors des négociations sur le projet de loi de réforme du Code du travail porté par la ministre Myriam El Khomri: "Le problème du gouvernement sur cette loi est de ne pas savoir montrer le cap", a-t-il déclaré sur le plateau. Or, le pays "n’a pas besoin d’une série de mesures mais besoin de sens". 

Licenciements économiques

Pour autant, le représentant de la CFDT voit aussi de bonnes choses dans ce projet El Khomri: "C’est la loi du dialogue social". Selon lui, elle crée de la flexibilité tout en instiguant plus de dialogue social. Il salue l’objectif de renforcer la négociation collective par branche, l’attachement de droits au salarié. En revanche il continue de s’opposer sur deux points principaux: le périmètre des licenciements économiques et le barème des indemnités des prud'hommes. "Pour justifier des mesures de licenciements économiques, nous voulons qu’une entreprise soit en difficulté non pas seulement en France, mais aussi sur le territoire européen et mondial", a rappelé Laurent Berger.

"Fait-on confiance aux représentants syndicaux?"

Il estime qu’il est "difficile de montrer qu’il y a toujours du progrès social possible" et qu’il faut pourtant laisser de la place aux négociations par branche. Pour lui, "la question posée par cette loi est: Fait-on confiance aux représentants syndicaux des entreprises ou les prend-on pour des idiots incapables de négocier ?". "Moi je fais le premier choix", répond-t-il.

Il considère que pourront être créées de "meilleures conditions pour chaque entreprise" à condition de laisser davantage de place à la négociation au sein de chacune d’entre elles. Et les "patrons qui ne joueront pas le jeu seront soumis au Code du travail". Laurent Berger veut convaincre le Medef de lâcher du lest: "Il faut que le patronat reconnaisse que le dialogue social est synonyme de progrès dans ce pays", a-t-il dit ce matin.

"Le say-on-pay ne marche pas"

Interrogé au sujet de la rémunération du patron de Renault, qui a perçu 7,2 millions d'euros pour l'année 2015, Laurent Berger se déclare "choqué" et estime que le code Afep-Medef ne fonctionne pas. "Le système est devenu fou, il faut le réguler (…) Le say-on-pay ne marche pas, il faut réguler, et sans doute légiférer", a-t-il répété.

Adeline Raynal