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La reprise du site Whirlpool d'Amiens tourne au fiasco faute de trésorerie

WN a repris 162 salariés en mai 2018 sur les 282 que comptait l'usine de sèche-linge de Whirlpool à Amiens.

WN a repris 162 salariés en mai 2018 sur les 282 que comptait l'usine de sèche-linge de Whirlpool à Amiens. - Philippe Wojazer- Pool-AFP

La société qui a repris l'ex-usine Whirlpool d'Amiens, WN, va être placée "sous la protection du tribunal de commerce" d'Amiens en raison d'une "impasse de trésorerie très importante", a annoncé ce mardi la préfecture de la Somme. Les salariés repris risquent à nouveau d'être au chômage.

Alors que l'incertitude pèse sur la solidité financière du repreneur de l'aciérie Ascoval, c'est la reprise de l'ex-usine de sèche-linge Whirlpool d'Amiens (Somme) par l'industriel picard Nicolas Decayeux qui tourne au fiasco.

Dès le lendemain de la fermeture de l'usine délocalisée à Lodz (Pologne), le site était repris en 2018 par l'industriel picard Nicolas Decayeux. Rebaptisée WN, l'entreprise devait se lancer notamment dans la production de casiers réfrigérés connectés et la fabrication de chargeurs de batteries pour vélos et voitures.

Mais un an après, WN, qui a repris 162 salariés en mai 2018 sur les 282 que comptait l'usine de sèche-linge, "se trouve dans une impasse de trésorerie très importante qui va la conduire à se placer sous la protection du tribunal de commerce (...) pour assurer la prise en charge des salaires", indique la préfecture de la Somme.

Le repreneur dégage un trop faible chiffre d'affaires

"Cette situation critique s'explique par les difficultés de la société WN à concrétiser ses projets industriels innovants en débouchés commerciaux concrets à court ou moyen terme. Le faible chiffre d'affaires généré actuellement ne permet pas à l'entreprise de financer son activité malgré l'importance des efforts financiers consentis" par l'État (2,5 millions d'euros) et Whirlpool (7,4 millions d'euros), poursuit la préfecture.

La société WN va être placé "sous la protection du tribunal de commerce" d'Amiens en raison d'une "impasse de trésorerie très importante", ajoute la préfecture, procédure qui va permettre le paiement des salaires employés.

Au centre du projet de reprise du site industriel picard, figurait notamment la fabrication de casiers réfrigérés connectés pour se faire livrer ses courses. WN devait aussi fabriquer des utilitaires électriques. Apparemment, ces produits n'ont pas du tout rencontré le succès escompté.

La priorité: reclasser les salariés, selon la préfecture

"La priorité est de reclasser" les salariés de WN, affirme encore la préfecture, qui précise que "des réunions seront organisées dans les prochains jours afin d'identifier les entreprises pouvant avoir un intérêt pour une reprise de l'activité ou des salariés".

"C'est terrible pour les salariés (...) mais on s'y attendait, ça fait un an que cette entreprise existe et il n'y a rien qui sort. Ce que Decayeux a touché par Whirlpool a payé les salaires", a réagi Frédéric Chanterelle, délégué CFDT chez Whirlpool. Selon ce responsable syndical, M. Decayeux a expliqué aux salariés mardi après-midi que "Bercy ne le suivait plus et qu'il était en liquidation judiciaire".

Frédéric Bergé avec AFP