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La France compte 2,8 millions de chômeurs

La hausse du chômage au troisième trimestre n'est pas une surprise, l'Insee l'avait anticipé dès octobre.

La hausse du chômage au troisième trimestre n'est pas une surprise, l'Insee l'avait anticipé dès octobre. - Philippe Huguen - AFP

Le chômage a enregistré une hausse de 0,2% au troisième trimestre, selon les chiffres publiés ce jeudi par l’Insee. Il touche 9,9% de la population active en métropole et 10,4% avec l’outre-mer.

Après un semestre de stabilisation, le chômage est reparti à la hausse en France. Il atteint 9,9% (soit 0,2 point de plus) de la population active en métropole et 10,4% (soit +0,3 point de plus) avec l'outre-mer, a annoncé l'Insee jeudi 4 décembre. La France Métropolitaine compte donc 2,8 millions de demandeurs d’emploi.

En métropole, le taux de chômage, mesuré par l'Institut national de la statistique selon les normes du Bureau international du travail (BIT), retrouve son niveau du troisième trimestre 2013. En incluant l'outre-mer, le chômage est en hausse de 0,1 point sur un an.

Cependant, l'Insee observe une hausse moins nette que celle du nombre d'inscrits à Pôle emploi, qui a grimpé de 4,3% sur un an en métropole.

Les jeunes en première ligne

Au troisième trimestre, les jeunes ont été frappés de plein fouet par la hausse, leur taux repartant très nettement à la hausse (+1 point) à 23,7%. Après plusieurs trimestres d'amélioration, leur situation est quasi stable sur un an (-0,1 pt). A l'autre bout de la pyramide des âges, les seniors (+50 ans) connaissent un trimestre de hausse (+0,2 point) mais restent la classe d'âge la plus épargnée par le chômage (6,7%).

La hausse du 3e trimestre n'est pas une surprise. Dans ses dernières prévisions publiées début octobre, l'Insee prévoyait que le taux monte à 9,9% en métropole et à 10,3% avec l'outre-mer d'ici à la fin de l'année.

Loin du pic historique de 1994 et 1997

Sur ce même troisième trimestre, les listes de Pôle emploi ont accueilli 34.200 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires (+1,0%), soit approximativement la même évolution que le taux de l'Insee. Mais les chiffres de Pôle emploi et de l'Insee restent malgré tout divergents, puisque l'opérateur public recensait 3,43 millions de demandeurs d'emploi sans activité fin septembre.

Cela s'explique par le fait que les deux organismes ne mesurent pas le chômage de la même manière: Pôle emploi compte les inscrits sur ses listes alors que l'Insee mesure son taux à partir d'une enquête trimestrielle auprès de 110.000 personnes. Seul le taux de l'Insee est reconnu à l'international.

Si les chiffres de Pôle emploi battent des records mois après mois, ceux de l'Insee sont encore loin du pic historique (10,4% en métropole) atteint à deux reprises en 1994 et 1997. Sur les 30 dernières années, il a atteint son plus bas niveau (6,8%) en 2008, peu avant la crise financière mondiale.

En l'absence de croissance significative, aucun organisme ne prédit de baisse du chômage avant, au mieux, 2016. Ainsi, l’OCDE n’entrevoit pas d’embellie avant 2016 Le ministre du Travail François Rebsamen espère malgré tout "un retournement mi-2015" sur le front du chômage.