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L'apprentissage est sorti de l'ornière en 2015

Les objectifs du gouvernement seront toutefois difficiles à atteindre

Les objectifs du gouvernement seront toutefois difficiles à atteindre - Philippe Huguen - AFP

Les contrats d'apprentissage ont progressé de 2,1% l'an passé, selon les chiffres du ministère du Travail publié ce jeudi 4 février.Ce qui vient marquer une rupture après deux années noires.

En nette perte de vitesse depuis 2013, l'apprentissage a retrouvé quelques couleurs en 2015. Ce mode de formation a ainsi enregistré une hausse de 2,1% des nouveaux contrats, selon des données provisoires mises en ligne jeudi par le ministère du Travail.

L'an dernier, tous secteurs confondus, l'administration a enregistré 280.052 entrées en apprentissage en France entière, soit 5.861 de plus qu'en 2014, selon la Dares, service des statistiques du ministère.

Dans le détail, 269.083 jeunes sont entrés dans le dispositif dans le privé (+3.683, +1,4%) et 10.969 dans le public (+2.178, +24,8%).

Ces chiffres montrent que "la politique menée par le gouvernement est efficace", estime-t-on dans l'entourage de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui "espère que l'apprentissage continuera sur cette dynamique". Mais la hausse de 2015 n'efface pas les baisses de 2013 (-8%) et de 2014 (-3%). Par ailleurs, dans le public, l'augmentation (+2.178) est moins forte que prévu. Le gouvernement ambitionnait en effet, dans la seule fonction publique d'État, d'accueillir 4.000 apprentis fin 2015, contre quelques centaines auparavant.

Objectifs difficiles à atteindre

Les chiffres de la Dares ne permettent toutefois pas de savoir si l'objectif est atteint, car ils ne distinguent pas les trois versants de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière). Grâce à la hausse des nouveaux contrats, les "stocks" d'apprentis ont, eux aussi, légèrement augmenté.

Pour la seule métropole, l'administration recensait 402.900 apprentis fin 2015, contre 400.900 fin 2014. Mais l'objectif du gouvernement - 500.000 apprentis en 2017 - semble hors d'atteinte. Le "stock" désigne tous les jeunes en apprentissage sur une période donnée, alors que le "flux" ne considère que les nouveaux entrants.

Le gouvernement tente, depuis mi-2014, de relancer l'apprentissage, avec un nouveau régime d'aides aux entreprises. La dernière est entrée en vigueur en juin. Pour toute embauche d'un apprenti mineur, les entreprises de moins de 11 salariés bénéficient, la première année, d'une aide forfaitaire de 4.400 euros, correspondant au salaire minimum de l'apprenti et aux cotisations sociales.

L'administration a déjà attribué "62.000 aides TPE-Jeunes apprentis", sur un objectif de 80.000, indique-t-on au cabinet de Myriam El Khomri. Pour attirer les jeunes décrocheurs vers le dispositif, la ministre va aussi ouvrir aux apprentis certains titres délivrés par son ministère, des formations plus courtes et moins théoriques que les diplômes de l'Éducation nationale. Accessible aux jeunes de 25 ans et moins, l'apprentissage est une formation initiale qui alterne cours théoriques et périodes en entreprise. Le dispositif est jugé efficace pour l'insertion professionnelle mais souffre d'une image dégradée.

J.M. avec AFP