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L'accord sur les retraites complémentaires est-il un bon accord?

Emmanuel Grimaud, président fondateur de Maximis, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 30 octobre.

Emmanuel Grimaud, président fondateur de Maximis, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 30 octobre. - BFM Business

Patronat et syndicats se sont mis d'accord jeudi sur un nouveau modèle de retraites complémentaires. Décryptage du projet avec Emmanuel Grimaud, président fondateur de Maximis, sur BFM Business ce vendredi.

Les partenaires sociaux ont trouvé un accord sur une réforme des retraites complémentaires. Un projet qui devra être finalisé vendredi, et qui prévoit notamment d'inciter à travailler plus longtemps via un système de bonus-malus, de moins revaloriser les retraites, et de faire fusionner les régimes Agirc-Arrco. "Un bon accord, signe de la responsabilité des partenaires sociaux", a estimé ce jeudi Emmanuel Grimaud, président fondateur de Maximis Retraite, sur BFM Business.

Rien ne dit néanmoins qu'il va permettre de réduire le déficit du système. "La décote telle qu'elle va être appliquée aux salariés ne représente finalement pas grand-chose. 10% sur une partie de votre retraite pendant deux ans seulement, cela ne représente que 0,5% du montant du total des pensions versées sur 22 ans de retraite", calcule-t-il.

Est-ce qu'au moins l'accord va avoir un impact sur les comportements des salariés, les faire partir plus tard en retraite ? "C'est possible". Il prévoit que pour obtenir sa retraite complémentaire à taux plein, il faut cotiser un an de plus qu'auprès de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav). "Si mon taux plein était à 64 ans, il va falloir que j'attende 65", explique le patron de Maximis retraite.

Une mauvaise réponse à un vrai problème

Mais le dispositif ne fonctionne que si les entreprises gardent leurs seniors. Le patronat serait toutefois prêt à payer une surtaxe quand il se sépare d'un employé âgé qui n'aurait pas cotisé assez pour toucher sa retraite à taux plein, selon Les Echos ce vendredi.

Pour Emmanuel Grimaud, cette "surtaxe serait une mauvaise réponse à un vrai problème. Oui les entreprises ne gardent pas assez leurs salariés. Mais licencier un senior coûte déjà très cher. Croyez-vous qu'un patron qui paie déjà des indemnités allant jusqu'à deux ans de salaire, une petite surtaxe va changer son comportement? Non". Il craint que le dispositif ait au contraire pour effet de "dissuader les entreprises de recruter des seniors". Il faudrait une démarche beaucoup plus incitative, selon lui. "Par exemple une baisse de cotisation pour l'employeur qui propose à son salarié une retraite progressive".

La réforme des retraites complémentaires

> Moindre revalorisation des pensions pendant trois ans mais pas de diminution

> Date de revalorisation des pensions décalée au 1er novembre (au lieu d'avril)

> Augmentation du prix d'achat du point pendant trois ans

> Plus de points Agirc et Arrco (dont dépend le niveau de la retraite) demandé pour un même montant

> Dès 2019: bonus-malus pour inciter les salariés à travailler un an de plus, au maximum jusqu'à 67 ans.

> Création d'un nouveau régime réunissant l'Agirc et l'Arrco

> Augmentation des cotisations patronales

> Nouvelle répartition des cotisations à l'Agirc à hauteur de 60% à la charge de l'employeur et de 40% à la charge des salariés (contre respectivement 62 et 38% actuellement)

N.G.