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Jean-Christophe Lagarde: la réforme bancaire "ne sert à rien"

Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et secrétaire général de l'UDI, juge que le texte sur la réforme bancaire "ne sert à rien".

Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et secrétaire général de l'UDI, juge que le texte sur la réforme bancaire "ne sert à rien". - -

Le texte sur la réforme bancaire sera présenté ce mardi 12 février à l'Assemblée nationale. Pour Jean-Christophe Lagarde, secrétaire général de l'UDI, le "résultat sonne creux".

La réforme bancaire, promise pendant la campagne par François Hollande, sera présentée ce mardi 12 février à l’Assemblée nationale. Trop floue pour certains, elle est inutile en l’état pour d’autres, en particulier au PS. C’est aussi l’avis de Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et secrétaire national de l’UDI.

Bfmbusiness.com: Que doit-on penser de la réforme bancaire, dont le texte va être présenté aux parlementaires ?

Jean-Christophe Lagarde: A l’instar de beaucoup de promesses de François Hollande, le résultat sonne creux. On a le droit à un texte vide, qui ne sert à rien. Au départ, on devait séparer les activités spéculatives et de détail des banques. Maintenant, on ne sépare plus, on filialise. Et encore, cela ne concerne que 3% environ des activités des banques (certains parlent de 0,75% à 2%) . Si on filialise 3%, cela ne protège pas les banques. C’était pourtant l’intention du candidat Hollande, lorsqu’il a présenté cette réforme. Le seul point positif concerne les paradis fiscaux, et il a été ajouté ensuite (par amendement en commission, Ndlr).

Qu’aurait-il fallu ajouter au texte ?

Tout d’abord, il faudrait interdire les activités excessivement spéculatives. Ensuite, les mouvements de haute fréquence devraient être fortement taxés. Lorsque je place de l’argent et que, quelques minutes après, j’ai gagné une certaine somme, je ne crée pas de richesse. Et cela est dangereux pour l’économie réelle. En ce qui concerne la tenue de marché (activité de trading de la banque pour ses clients), l’important est de fixer un seuil. Pour tout cela, il n’y a nullement besoin de filialisation.

Que pensez-vous de l’attitude des députés socialistes qui voulaient durcir le texte ?

Ils apprennent à se coucher devant le gouvernement lorsque celui-ci fronce un peu les sourcils. Je pense particulièrement à la gauche de la gauche, qui passe son temps à donner des leçons et qui est omniprésente dans les médias. Elle effectue de grands gestes, mais des petits votes.

Yann Duvert