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Indemnités de licenciement: Pénicaud plaide le "malentendu"

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. - Ludovic Marin - AFP

L'augmentation des indemnités ne concernera finalement pas les salariés ayant plus de 10 ans d'ancienneté, ce dont s'est étonné publiquement Jean-Claude Mailly. La ministre du Travail, elle, évoque un "manque de communication".

La revalorisation des indemnités de licenciement restera limitée aux 10 premières années d'ancienneté, a confirmé ce mardi la ministre du Travail Muriel Pénicaud, évoquant "un malentendu" avec les syndicats demandeurs d'une hausse de 25% pour tous les salariés licenciés.

Le projet de revaloriser de 25% les indemnités légales de licenciement jusqu'à 10 ans d'ancienneté, et non au-delà, "ne bougera pas", a assuré la ministre sur Franceinfo.

Interrogée sur un tweet du secretaire général de FO, Jean-Claude Mailly, exigeant "le respect de (son) engagement" d'augmenter de 25% ces indemnités "pour tous", quelle que soit l'ancienneté, Muriel Pénicaud a plaidé le "malentendu".

Avec les syndicats, "on a discuté de centaines de sujets depuis trois mois" dans le cadre de la réforme du code du travail. "Sur ce sujet, il y a eu, honnêtement, un manque de communication puisque certains" avaient "compris" l'évolution prévue et d'autres non, a justifié la ministre.

"Une sécurité beaucoup plus grande pour tous les salariés"

Selon un projet de décret, l'indemnité de licenciement doit s'établir à un quart de mois de salaire par année d'ancienneté, jusqu'à 10 ans. Cela représente une hausse de 25% par rapport à la situation actuelle (1/5 de mois de salaire par année d'ancienneté).

Mais au-delà de 10 ans, l'indemnité est maintenue à un tiers de mois de salaire par année d'ancienneté. Les indemnités n'ont pas "été augmentées depuis 2008", a souligné la ministre, rappelant que "70%" des salariés licenciés l'étaient avant 10 ans d'ancienneté.

La hausse prévue représentera "une sécurité beaucoup plus grande pour tous les salariés", a-t-elle insisté, précisant que les montants augmenteraient mécaniquement pour "tous ceux qui seront licenciés".

Par ailleurs, la ministre a réitéré sa volonté de "renforcer le dialogue social au plus près du terrain". Elle a ainsi annoncé avoir "demandé une mission" à Jean-Dominique Simonpoli, "ancien syndicaliste" et directeur général de l'association Dialogues, et à Gilles Gateau, DRH d'Air France "connu pour sa capacité à dialoguer", afin de "mettre en oeuvre dix mesures" destinées à "accompagner les ordonnances pour aider les syndicats à se développer".

Il faut chez les représentants syndicaux "des personnes qui soient armées, qui soient formées, et qui aient confiance" dans la possibilité d'"avoir une carrière", a-t-elle expliqué.

Y.D. avec AFP