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Homophobie : en maison de retraite aussi ?

a demandé aux associations de concevoir des programmes de formation pour les personnels des maisons de retraite.

a demandé aux associations de concevoir des programmes de formation pour les personnels des maisons de retraite. - -

Le gouvernement s’interroge sur les cas d’homophobie dans les maisons de retraite et demande de concevoir des programmes de formation spécifiques pour leurs personnels. Les associations s’en félicitent, mais certains professionnels estiment que le problème n’existe pas.

Alors que l’homophobie progresse dans les écoles, dès la maternelle, la question se pose aussi dans les maisons de retraite. Le gouvernement souhaite en effet sensibiliser les personnels travaillant avec des seniors à ce sujet délicat et la ministre déléguée aux Personnes âgées, Michèle Delaunay (par ailleurs invitée ce lundi matin sur RMC) a reconnu la nécessité d'un accompagnement particulièrement attentif de ces personnes âgées homosexuelles. Elle a demandé aux associations de concevoir, d'ici l'an prochain, des programmes de formations spécifiques à destination des personnels de maisons de retraite.

« A donner envie de mettre fin à ses jours »

Catherine Tripont, porte-parole de l’association de lutte contre les discriminations L’Autre Cercle, témoigne des souffrances que peuvent connaître les personnes âgées homosexuelles en maison de retraite. « Je me souviens d’une responsable d’une maison de retraite en Normandie qui me disait avoir dans son bureau un couple de deux homosexuels venus se réfugier, parce qu’ils étaient rejetés, ils avaient été reconnus et repérés par le groupe comme "différents" », raconte-t-elle. « Ils ne leurs parlaient plus, les mettaient à l’écart, la souffrance est là. Vous n’avez pas le loisir de changer d’endroit. Vous êtes obligés de rester jusqu’à la fin de votre vie dans un environnement de personnes qui vous rejettent, c’est juste insupportable. C’est à donner envie de mettre fin à ses jours ».

« On se moque de qui ? »

Mais pour Thierry Pons, coordonnateur de l’AFPAP (Association française de protection et d’assistance aux personnes âgées), l’homophobie n’existe pas dans les maisons de retraite, en tout cas de la part du personnel. « Il n’y a pas de remontée d’information qui permettent de dire qu’il existe une problématique homophobe au sein de la prise en charge des personnes âgées dans les établissements », estime-t-il. « Un cas isolé ne justifie pas qu’on puisse considérer qu’il y ait un problème, mais même à un autre niveau, ces cas isolés n’existent pas. C’est un peu comme si on s’intéressait aux personnes âgées qui ont des goûts particuliers en matière nutritionnelle, ou de loisirs. On se moque de qui ? »

Mathias Chaillot avec Julien Gonzalez