BFM Business

Hollande: le dialogue social n'est pas une "perpétuelle surenchère"

François Hollande a ouvert la troisième conférence sociale de son quinquennat, lundi 7 juillet.

François Hollande a ouvert la troisième conférence sociale de son quinquennat, lundi 7 juillet. - -

En introduction de la conférence sociale, ce lundi 7 juillet, le chef de l'Etat a défendu sa méthode, même s'il avait essuyé le refus de la CGT et FO quelques minutes auparavant.

Le refus exprimé par FO et la CGT de participer à la conférence sociale, mardi 8 juillet, est visiblement resté en travers de la gorge de François Hollande. Car lors de son discours d'inauguration, le chef de l'Etat s'est montré plus offensif qu'à son habitude. Selon lui, le dialogue social est une méthode qui "a ses exigences". "Elle suppose le respect des partenaires", a-t-il glissé, rendant hommage à la culture du "compromis, fondé sur le donnant-donnant" et dénonçant la "perpétuelle surenchère".

Avant de mettre l'accent sur les "réformes importantes menées à terme", et issues du dialogue social. Et de citer "la loi sur la sécurisation de l'emploi", ou encore la "réforme des retraites".

Pacte de responsabilité: Hollande en appelle au patronat

François Hollande a ensuite évoqué le controversé compte pénibilité, qui a notamment suscité la fronde de FO et la CGT.
Le président français a rappelé que le 1er janvier 2015 verrait "un million" de travailleurs en bénéficier, et que le dispositif serait "entièrement déployé le 1er janvier 2016". Il a également justifié le report partiel de la mesure par le fait que "c'était compliqué, et tout le monde" était d'accord sur ce point.

Sans surprise, le chef de l'Etat a consacré une part de son discours au pacte de responsabilité, mesure phare de son quinquennat. "Les branches doivent s'en emparer", s'est-il exclamé, car "encore trop" n'ont pas négocié les contreparties des baisses de charges. Et d'annoncer la mise en place d'un "groupe d'évaluation de ces négociations" qui réunira en septembre les "partenaires sociaux des 50 principales branches de notre économie".

Rencontre entre l'Etat et les partenaires sociaux en septembre sur l'apprentissage

Reconnaissant que "l'enjeu de cette conférence est le même qu'en 2012", à savoir la croissance et l'emploi, le président de la République a estimé que la solution passerait par l'apprentissage. Une rencontre entre l'Etat et les partenaires sociaux aura ainsi lieu en septembre, a-t-il annoncé. Avec toujours, à l'horizon 2017, la formation de 500.000 apprentis par an. Afin de montrer l'exemple, il a également fixé l'objectif d'en accueillir 10.000 dans la fonction publique, où ils ne sont actuellement que 700, d'ici la rentrée 2016.

Budget: "toutes les flexibilités doivent être utilisées"

Enfin, François Hollande a brièvement évoqué l'Europe, avec un discours dans la lignée de celui de Matteo Renzi, le président du Conseil italien, et de l'ensemble des dirigeants européens sociaux démocrates. "Sur le plan budgétaire, chaque pays, donc la France, doit respecter ses engagements et toutes les marges, toutes les flexibilités doivent être utilisées pour tenir compte notamment des réformes engagées", a-t-il ainsi martelé.

Yann Duvert