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Hauts fourneaux de Florange: les obstacles à la nationalisation

Nationalisera, nationalisera pas? Le dossier ArcelorMittal divise le gouvernement, alors que le PDG souhaite ne céder qu'une partie des activités du site de Florange.

Nationalisera, nationalisera pas? Le dossier ArcelorMittal divise le gouvernement, alors que le PDG souhaite ne céder qu'une partie des activités du site de Florange. - -

Nationaliser le site industriel d'ArcelorMittal à Florange? L’idée promue par Arnaud Montebourg se heurte à certaines difficultés.

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a assuré que les hauts-fourneaux de Florange reprendront leur activité. Et si ArcelorMittal ne cède pas, le ministre mise sur la nationalisation temporaire, un scénario qu’il présente comme facilement réalisable. Mais vues d'un peu plus près, les choses se compliquent.

Le statut juridique du site de Florange pose problème

Les hauts-fourneaux appartiennent au groupe ArcelorMittal et plus précisément à une filiale, "ArcelorMittal Atlantique et Lorraine", qui inclut sept établissements dont Florange, mais aussi celui de Dunkerque. A première vue donc, l'Etat ne peut pas nationaliser Florange seul, ou du moins pas sans changer son statut. Du côté de Bercy, pas de réponse pour l'instant, sur cette complication technique et juridique.

Cette proximité des sites de Florange et de Dunkerque n'est pas que théorique. Un tiers de l'acier produit à Dunkerque est envoyé à Florange. Conséquence: si Mittal cède la totalité de Florange, dans un premier temps, Dunkerque risque de perdre un tiers de ses débouchés.

D'ailleurs, les salariés de Dunkerque et des autres sites associés commencent à s'inquiéter sérieusement, expliquait un responsable syndical du groupe. Le sauvetage de Florange pourrait provoquer une baisse d'activité sur leur propre site.

Autre difficulté, le coût d'une nationalisation

Les détails du montage financier imaginé par le gouvernement pour reprendre les hauts-fourneaux restent inconnus. Seule précision apportée par le ministre Arnaud Montebourg, ce montage ne coûterait pas un centime aux comptes de l'Etat.

Mais la question du montant d'une nationalisation se pose tout de même, car l'Etat doit verser des indemnités pour compenser sa prise de contrôle. Il faut donc d’abord connaître la valorisation de l'entreprise, autrement dit, ce qu'elle coûte à racheter. Or, il est difficile d'évaluer ce que vaut une partie seulement d'une entreprise.

Ensuite, et quel que soit le repreneur, l'Etat, un industriel, ou les deux associés, le prix d'Arcelor ne serait pas simplement celui de ses installations. Il pourrait aussi comporter le coût des brevets et celui du réseau commercial, c'est-à-dire tout ce qui permet d'exploiter et de vendre son acier transformé. Et là encore, difficile d'imaginer que le groupe ArcelorMittal cède facilement ses brevets et ses licences si on lui force la main sur une nationalisation.

Isabelle Gollentz (texte) et François Pitrel et Sandra Gandoin Ani Basar (sujet vidéo)