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Frédéric Oudéa: "le vrai défi, c'est la croissance en Europe"

Frédéric Oudéa appelle l'Europe à aller de l'avant

Frédéric Oudéa appelle l'Europe à aller de l'avant - -

Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, est revenu, sur BFM Business, ce mercredi 13 février, sur les résultats financiers 2012 de sa banque. Il a également fait part de ses inquiétudes pour la croissance en Europe.

C’est tout sauf une surprise. Ce mercredi 13 février, la Société Générale a dévoilé ses résultats annuels 2012 avec un bénéfice divisé par trois, de 2,4 milliards d’euros en 2011 à 774 millions d’euros en 2012, et une perte de 322 millions d’euros sur le seul quatrième trimestre.Cette dernière perte a été plus forte que prévu, coulant l'action de la banque qui perdait près de 4% sur le CAC40 vers 9h.

Un peu comme sa concurrente le Crédit Agricole, elle a décidé de passer ses comptes à la paille de fer. Ainsi le bénéfice de l’année 2012 est amputé par 2,6 milliards d’euros d’éléments exceptionnels liés à des dépréciations.

Invité de l’émission Good Morning Business, Frédéric Oudéa, le PDG de la Société Générale, a détaillé ces éléments exceptionnels : un peu moins de 800 millions d’euros sont ainsi dus à "des cessions de prêts et d’actifs en extinction", plus de 800 millions d’euros à des cessions d'activités, et 800 autres millions à la réévaluation de la valeur de la dette de la banque. Ce dernier point est "absolument stupide d’un point de vue comptable", pour Frédéric Oudéa, car il revient à faire "perdre de l’argent" quand "paradoxalement les choses vont mieux".

Le patron de la Générale a expliqué que tous ces éléments ont permis de "transformer le bilan de la banque" en 2012 et "sur ce point tous les objectifs sont atteints".

Meilleure visibilité pour 2013

Pour 2013, Frédéric Oudéa s’attend à une année 2013 plus calme avec une "meilleure visibilité sur la réglementation", et moins d’éléments exceptionnels.

Mais une inconnue reste forte pour la Société Générale : l’évolution de l’économie européenne. "Le vrai défi c’est la croissance en Europe" affirme ainsi Frédéric Oudéa. Il explique que la France, principal marché domestique pour la banque de détail (le second étant la Russie via la filiale Rosbank), a un sort lié à l’Europe.

"La France ne s’en sortira pas sans un projet européen qui va plus loin en matière d’intégration", explique-t-il. Il a appellé en ce sens l'Europe à "tourner la page, se projeter vers le futur et s’inscrire dans une réflexion européenne en matière de services financiers et lutter contre la fragmentation".

Car, en l’absence de croissance, "il y aura une montée du chômage", qui compliquera la donne. Frédéric Oudéa a indiqué que la Société Générale observera l’évolution de la croissance européenne et décidera si "elle mettra plus de capital en Europe", et dans le cas contraire,"nous mettrons plus de capital en dehors de la zone euro".

Il a donné au passage la prévision de croissance des économistes de la Société Générale pour la France en 2013 : +0,3%. Loin des 0,8% du gouvernement.

Julien Marion