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François Hollande retourne à Florange

François Hollande à Florange, en février 2012.

François Hollande à Florange, en février 2012. - -

François Hollande retourne à Florange, ce jeudi 26 septembre. Un lieu symbolique qui devrait prochainement donner son nom à une loi sur la reprise de "sites rentables" contestée par les entreprises. Retour sur deux ans d'évènements.

Les histoires d’amour finissent mal en général. De retour à Florange, ce jeudi 26 septembre, comme il s'y était engagé, François Hollande va essayer de recoller les morceaux avec ceux qui, jadis, ont porté en lui des espoirs.

Quel accueil lui réserveront les employés lorrains d’ArcelorMittal ? Une chose est sûre : l’épisode a laissé des traces dans les deux camps.

> Le temps des promesses

Février 2012. La campagne présidentielle s’accélère. Nicolas Sarkozy, en visite du côté de la raffinerie Petroplus, annonce avoir trouvé un accord avec Shell pour que l’activité continue.

Depuis Florange, François Hollande comprend qu’il doit réagir vite. Le candidat socialiste monte alors sur une camionnette, aidé par l’emblématique leader syndicaliste local, Edouard Martin.

Il réussira finalement à rallier les salariés présents à sa cause, notamment en leur promettant une loi qui obligerait les grandes entreprises à céder une unité de production plutôt que de la démanteler.


Francois Hollande à Florange Février 2012 par France3Lorraine

> Le dossier Florange prend de l'ampleur

A l’époque, Florange n’est qu’un dossier parmi d’autres, mais les employés vont le transformer en cause nationale. Blocage de l’usine, marche jusqu’à Paris, re-blocage…Peine perdue.

En octobre, la direction d’ArcelorMittal annonce la fermeture définitive des hauts-fourneaux du site lorrain. Et donne au gouvernement 60 jours pour trouver un repreneur.

Entre-temps, François Hollande a remporté l’élection présidentielle et nommé Arnaud Montebourg au ministère du Redressement productif. Celui-ci s’empare du dossier, sans se douter que ce dernier le conduirait au bord de la démission.

> Arnaud Montebourg entre en jeu

Deux offres de reprise arrivent finalement sur le bureau du ministre. Problème: ArcelorMittal n’entend pas céder les activités rentables du site.

S’engage alors un bras de fer entre l’entreprise et le gouvernement, Arnaud Montebourg en tête. Mais la situation s’envenime vraiment lorsque ce dernier évoque l’idée d’une nationalisation temporaire du site, qui lui vaudra le soutien indéfectible des salariés et d’une bonne partie de la classe politique, droite incluse. De son côté, le gouvernement se montre beaucoup moins enthousiaste.

> Mittal reçu à l'Elysée

Laksmi Mittal, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Et les déclarations d’Arnaud Montebourg, assurant qu’il ne voulait "plus de Mittal en France" n’arrangent pas la situation.

Fin novembre le patron d’ArcelorMittal est reçu à l’Elysée par François Hollande. Il est alors convenu que le conflit se règle par la négociation. Les services de Jean-Marc Ayrault sont chargés de calmer le jeu, mais Arnaud Montebourg insiste, et met tout son poids dans la balance.

Quelques jours plus tard, le Premier ministre annonce qu’un accord a été trouvé avec Mittal. Il prévoit un investissement de 180 millions d’euros, et l’assurance qu’aucun plan social n’intervienne.

> "Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport"

Du côté des salariés de Florange, la déception et la colère sont au rendez-vous. Chez Arnaud Montebourg également. "Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont tout le monde se fout! Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes!", lance-t-il à un Jean-Marc Ayrault impassible.

Miné, le ministre du Redressement productif avoue avoir failli démissionner. Mais un soutien en particulier l’en a dissuadé: celui d’Edouard Martin, le chef de file des salariés.

> Une stèle pour commémorer la "trahison" de Hollande

Ces derniers se sentent trahis, notamment par le Premier ministre. Mais aussi par François Hollande, coupable, selon eux, de n’avoir pas su tenir ses engagements de campagne.

Une stèle sera même installée sur le site, en mémoire de ses promesses non tenues. Elle sera finalement vendue aux enchères pour 3.000 euros.

En revenant à Florange, François Hollande tentera de refermer une plaie restée désespérément ouverte. Il n'est pas sûr que le projet de loi sur les sites rentables, qui devrait être votée le 1er octobre prochain, soit un remède suffisant.

Yann Duvert et Patrick Sauce (vidéo)