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Florange: Mittal répond aux attaques

Lakshmi Mittal n'a pas évoqué Ulcos comme figurant dans l'accord passé avec le gouvernement

Lakshmi Mittal n'a pas évoqué Ulcos comme figurant dans l'accord passé avec le gouvernement - -

Dans un document interne daté du 6 décembre, que la radio Europe 1 s’est procurée, l’aciériste estime "ne pas contrevenir aux engagements passés".

ArcelorMittal s’explique. Les accusations pleuvent sur l'aciériste accusé de ne pas avoir respecté ses engagements passés, en n’opérant pas les investissements nécessaires sur ses sites français.

Dans un document interne daté du 6 décembre, que la radio Europe 1 s’est procurée, le groupe se défend. Selon les citations de document retenues par la radio française, Lakshmi Mittal, dirigeant du groupe, estime qu’il est inexact "de dire que la société n’a pas respecté ses engagements".

"Nous ne contrevenons absolument pas aux accords passés. En 2006, Mittal Steel a présenté un plan industriel au gouvernement français. Il précisait quel le dernier haut fourneau de Florange fermerait en 2010", affirme-t-il.

Le patron d’ArcelorMittal explique qu’ensuite la conjoncture favorable a poussé l’entreprise à maintenir les hauts fourneaux en activité. "Toutefois, il a été clairement dit que cet engagement serait reconduit uniquement si les perspectives à moyen et long termes étaient favorables", poursuit Lakshmi Mittal.

La nationalisation temporaire "un langage anti-commercial"

Or, il est vrai que la conjoncture s’est ensuite retournée. Selon les chiffres de la World Steel Association (WSA), la production d’acier dans l’Union européenne a chuté, en 2011, de 16% par rapport à son niveau de 2007. Lakshmi Mittal dit lui-même que "la demande d’acier en Europe achuté de plus d’un quart par rapport à 2008".

Il donne aussi son interprétation de l’accord passé avec le gouvernement, dans lequel le nom d’Ulcos ne figure même pas, selon Europe 1.

"Nous sommes convenus avec le gouvernement de l’arrêt provisoire et du non-démantèlement des hauts fourneaux pendant six ans. Nous avons accepté d'investir 180 millions d'euros dans le site au cours des cinq prochaines années", commence-t-il a énumérer.

"Nous avons accepté de maintenir l’activité emballage à Florange pendant au moins cinq ans. Et nous avons accepté de ne pas mettre en place de plan social, et de chercher une solution pour les aspects sociaux de la fermeture sur une base individuelle et volontaire", poursuit-il dans l’extrait du texte figurant sur Europe 1.

Le dirigeant assure également avoir "pris l’engagement vis-à-vis du gouvernement français d’accepter les offres d’achat des hauts fourneaux afin que leur exploitation puisse être poursuivie". Mais d’après lui, aucune offre "n’a à ce jour été reçue".

Au passage il tacle la piste de la nationalisation temporaire, qu’il qualifie de "langage anti-commercial" et qui "a attiré l’attention non seulement de la presse française, mais aussi de la presse internationale, qui ont commencé à s’interroger sur le message que cela envoyait aux entreprises internationales envisageant d’investir en France". Il ajoute que les déclarations en lien avec cette nationalisation temporaire "sont déconcertantes", tant pour le groupe que pour ses salariés.

Julien Marion