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Faut-il obliger les bénéficiaires du RSA à travailler ?

« Quand on touche le RSA, on est suivi par Pôle Emploi », explique Valérie Klein, bénéficiaire du RSA.

« Quand on touche le RSA, on est suivi par Pôle Emploi », explique Valérie Klein, bénéficiaire du RSA. - -

Nicolas Sarkozy veut que tous les titulaires du RSA sans emploi fassent 7 heures de travail d'intérêt général par semaine. «Encore une façon de nous stigmatiser», estime une bénéficiaire du Revenu de solidarité active, tandis que certains s’interrogent sur le financement de cette mesure…

Invité de France 2 hier mercredi soir, Nicolas Sarkozy s'est dit favorable à une généralisation de l'obligation faite aux titulaires du RSA (revenu de solidarité active) qui n'ont pas d'emploi, de faire 7 heures hebdomadaires de travail d'intérêt général, rémunérées au Smic. S’il est réélu, le Chef de l’Etat veut également que les bénéficiaires du RSA soient évalués tous les ans : « Est-ce qu’il cherche un emploi ? Est-ce qu’il suit une formation ? Est-ce qu’il a fait le travail d'intérêt général ? S’il n’y a pas de problème, il continuera à avoir le RSA », assure Nicolas Sarkozy.

« J’ai pas l’impression d’avoir fait quelque chose de mal »

Valérie Klein est bénéficiaire du RSA, elle vit en Mayenne et est âgée d'une quarantaine d'années : « Le travail d'intérêt général, pour moi, c’est plutôt pour les délinquants. J’ai pas l’impression d’avoir fait quelque chose de mal, du fait de ne pas avoir de travail. Moi si on me donne du travail, j’y vais tout de suite, y’a pas de problème ! Encore une fois, c’est une façon de stigmatiser les bénéficiaires du RSA. C’est la crise donc on s’en prend aux plus faibles. Alors que moi je me lève tous les matins, je cherche du travail. J’ai changé plusieurs fois d’orientation, pour essayer d’obtenir du travail ; il s’est avéré que ça n’a pas marché. Je ne fais pas rien de mes journées, je suis en recherche d’emploi ; c’est un vrai travail à temps plein ».

« Quand on touche le RSA, on a déjà des comptes à rendre »

Et pour Valérie, l’idée d'un contrôle annuel avancée par Nicolas Sarkozy, « c’est du grand n’importe quoi ! Quand on est bénéficiaire du RSA, poursuit-elle, on est suivi par le Pôle Emploi ou par des associations. Moi je vois ma conseillère du Plan local d’insertion économique tous les 15 jours ; je pense qu’on peut difficilement faire plus au niveau du suivi. Quand on touche le RSA, on a des comptes à rendre sur les démarches qu’on fait pour rechercher un emploi. Je ne vois pas trop l’intérêt d’une évaluation annuelle ; je ne vois pas ce que ça apporterait de plus ; c’est du vent ! ».

« Les impôts locaux vont forcément augmenter »

A gauche, les politiques s’interrogent sur le financement de cette mesure, « qui n’est pas forcément mauvaise », note Alain Vidalies, responsable du pôle travail-emploi dans l'équipe de campagne de François Hollande : « Le problème, poursuit-il, c’est de savoir qui va payer. Dans l’expérimentation les collectivités locales ont payé. C’est donc une charge supplémentaire de quelques milliards pour les collectivités, et donc forcément à la clé une augmentation des impôts locaux ».

La Rédaction, avec Jean-Jacques Héry