BFM Business

En province, les villes moyennes déclinent dans l'ombre des grandes

-

- - Mstorn –Wikimedia - CC

Les plus grandes agglomérations françaises -sans même compter Paris- ont concentré 82% de tous les emplois créés entre 2009 et 2015. Les villes moyennes, elles, peinent toujours à sortir du marasme.

Les villes françaises se relèvent de la crise de 2009, mais beaucoup mieux et plus vite dans les grandes et très grandes métropoles. Les villes moyennes, elles peinent à retrouver le chemin de l'emploi et de l'attractivité, selon le baromètre du dynamisme des métropoles françaises publié par le spécialiste de l'immobilier d'entreprise Arthur Loyd.

Cinq nouveaux emplois en Métropole, un détruit en agglo

Un chiffre démontre bien cette réalité: 82% des 214.00 emplois créés depuis la crise de 2009 l'ont été dans une ville de plus de 500.000 habitants. Des villes comme Lyon, Bordeaux, Grenoble, Rennes, ou Nantes. Sachant que Paris a été sortie du classement, justement pour ne pas déséquilibrer les résultats, explique le cabinet.

Concrètement, quand les grandes villes créaient entre 3 et 5 emplois, les agglomérations comme Beauvais, Creil, Blois, Châlons-sur-Saône ou Angoulême, elles, en détruisaient 1, souligne cette étude très dense, qui croisent des centaines de milliers de lignes de data de l'Insee, Eurostat, l'OCDE, l'Acoss ou l'Apec.

L'exception Clermont

Certaines tirent leur épingle du jeu. Clermont Ferrand trône en tête des villes de 200.000 à 500.000 habitants les plus attractives. Elle a recréé de l'emploi depuis 2009. Elle jouit de la présence du centre de R&D de Michelin, et proposent des emplois dans des secteurs à forte valeur ajoutée. Parmi les villes encore plus petites, Angoulême et Laval s'en tirent moins mal que les autres. Mais en moyenne, ces villes de moins d’un demi-million d’habitants, contrairement à leurs voisines plus densément peuplées, n'ont pas encore compensé les pertes d'emplois liées de la crise.

Comment expliquer ce déclin? Les analystes d'Arthur Loyd mettent notamment en parallèle le vivier de talents avec la création d'emplois. Dans la plupart des villes de moins de 200.000 habitants, la part de diplômés d'études supérieures rapportée à la population peu ou pas diplômée n'excède pas les 37%. À l'inverse, les grandes gagnantes de la reprise économique sont celles qui comptent la plus grande proportion de diplômés de l'enseignement supérieur: Bordeaux, Montpellier, Nantes, Lyon, Rennes et Toulouse ont connu une progression de l'emploi salarié plus de quatre fois supérieur à la progression moyenne en France.

Un maire connu peut changer la donne

Pourtant, dans nombre de ces ville moyennes, les emplois dans des activités stratégiques, celles qui font rayonner les métropoles, sont en croissance, note les analystes d'Arthur Loyd. Des emplois dans les services aux entreprises de haute-technologie et les industries de ce secteur, les services financiers et ceux dédiés aux entreprises dites "à forte intensité en connaissances". Reste qu’encore une fois, les plus grandes métropoles sont les mieux loties : la part de cadres y croît jusqu’à deux fois plus vite que dans les villes moyennes.

Comment recréer du dynamisme dans les villes qui en manquent? Le cabinet Arthur Loyd n'a pas trouvé de recettes miracles en croisant toutes ses données. Mais voir s'installer une entreprise innovante ou élire un maire connu et volontariste fait clairement la différence.

Nina Godart