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En Australie, les chômeurs qui se droguent ont du souci à se faire

Canberra a décidé de faire passer des tests de dépistage des drogues aux chômeurs. (image d'illustration)

Canberra a décidé de faire passer des tests de dépistage des drogues aux chômeurs. (image d'illustration) - Nelson Almeida - AFP

Les autorités australiennes ont décidé de faire passer des tests de dépistage aux personnes sans emploi afin de les dissuader de dépenser leurs allocations en stupéfiants.

Fumer un joint ou toucher des allocations? C'est en somme le choix que devront désormais faire les nouveaux chômeurs australiens. Alors que le taux de chômage est actuellement de 5,9% en Australie, ce qui représente 753.000 personnes sans emploi, les autorités ont décidé de faire passer des tests de dépistage de drogue aux personnes sans emploi afin de les dissuader de dépenser leurs allocations en stupéfiants.

"C'est un ballon d'essai qui portera sur 5.000 personnes et si ça ne marche pas, on l'arrêtera mais si cela aide les gens, on continuera, cela serait stupide de ne pas le faire", a déclaré le ministre des Finances Scott Morrison.

Les chômeurs touchant des allocations dont les tests seraient positifs recevront une carte de débit qui ne leur permettra pas d'effectuer de retraits d'argent liquide, juste de payer des produits de première nécessité (loyer, alimentation). Ceux qui échoueraient plus d'une fois aux tests devront se rendre chez un médecin pour y faire un bilan et recevoir des soins.

Avec ce projet, ajouté aux baisses d'allocations pour ceux qui ne se rendent pas aux entretiens d'embauche, le gouvernement veut économiser plus de 600 millions de dollars australiens sur quatre ans (406 millions d'euros).

Le test portera sur trois sites déterminés à partir de l'étude des eaux usées. Le Programme national de surveillance des drogues dans les eaux usées a identifié "un taux étonnamment élevé" d'utilisation de la méthamphétamine à travers le pays, rappellent les autorités.

Favoriser les chances de trouver un travail

Le ministre de la Protection sociale Christian Porter a assuré qu'il s'agissait de favoriser les chances des chômeurs de trouver un travail. "Cet essai portant sur 5.000 personnes vise totalement à identifier et à aider les gens, et à favoriser les changements de comportements", a-t-il déclaré. "Nous pensons que ce système permettra d'assurer que des gens, à un moment absolument critique de leur vie quand ils cherchent un boulot, adoptent des comportements qui les aident dans ce processus et ne détruisent pas ce processus". 

Des organisations de défense de la protection sociale sont montées au créneau pour dénoncer le projet. "On diabolise encore davantage les gens dépendant des allocations sociales, ceux qui ont les revenus les plus bas du pays", a déclaré la directrice du Conseil australien des services sociaux Cassandra Goldie au groupe de médias Australian Broadcasting Corporation. "Encore un coup dur pour la protection sociale. Le respect des règles est déjà difficile".

A.M. avec AFP