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Emploi des jeunes diplômés: la situation ne s'est pas (encore) détériorée

Plus de 7 jeunes diplômés sur 10 de la promotion 2011 avaient un emploi début 2012

Plus de 7 jeunes diplômés sur 10 de la promotion 2011 avaient un emploi début 2012 - -

Plus de 7 diplômés sur 10 de la promotion 2011 ont trouvé un emploi début 2012, selon une étude publiée par l'Apec ce mercredi 3 octobre. Mais la situation des diplômés reste fragile.

Bonne nouvelle, pour les jeunes diplômés, le marché de l’emploi ne s’est pas dégradé. D’après une étude publiée ce mercredi par l’Apec, " en avril 2012, dans l’année suivant l’obtention de leur diplôme, 71% des jeunes diplômés de niveau Bac + 4 et plus étaient en poste".

Sans changement par rapport à la promotion précédente, ce sont les diplômés d’écoles d’ingénieurs les mieux lotis. Ils sont 8 sur 10 à avoir trouvé un emploi, contre moins de 7 sur 10 pour les universitaires.

En outre, les diplômés des disciplines à fort contenu technique et technologique telles que "Informatique télécommunications, multimédia" et "Ingénieur généraliste, Métallurgie, Mécanique, Aéronautique", affichent des taux d’emploi supérieur à 80%. À l’opposé, la situation est plus difficile pour les jeunes diplômés de la filière "Économie" : seuls 59% d’entre eux sont en poste au moment de l’enquête.

La durée moyenne de recherche est la même pour la promotion 2011 que pour la promotion 2010. Elle s’établit à 2 mois. La part des jeunes diplômés ayant obtenu un CDI continue de progresser cette année et représente 56%, contre 47% en 2009. Enfin, le salaire médian s’établit à 28 600 euros bruts par an, contre 27 600 pour la promotion précédente.

"Les écoles d'ingénieurs et de commerce ont un taux d'insertion très important. Mais les universités rattrapent une partie de leur retard. Il y a eu des évolutions importantes, de la part des universités, dans le contenu des formations, dans la place réservée aux stages et le suivi des parcours des jeunes", explique à BFM Business Jean-Marie Marx, le directeur général de l'Apec

La situation reste fragile

Néanmoins, ces bonnes nouvelles sont à nuancer. Pour Jean-Marie Marx, "la vigilance est de mise car le marché de l’emploi des cadres s’est fragilisé, et les entreprises ont l’intention de recruter moins de débutants qu’auparavant. Ainsi, tout laisse penser qu’une dégradation sensible devrait être à l’oeuvre dans les prochains mois".

La proportion des jeunes diplômés en poste reste inférieure à celle de la situation "d’avant crise", en 2008, où 77% de ces jeunes diplômés étaient en poste.

Par ailleurs, pour obtenir leur emploi, de nombreux jeunes diplômés ont été contraints de réduire leurs exigences. Le point le plus souvent concerné est la rémunération. Le salaire perçu est, en effet, souvent plus bas que le salaire espéré à la sortie des études supérieures. 45% ont dû revoir leurs exigences à la baisse et cette tendance s’est accentuée depuis 2010.

Et enfin dans un climat économique atone, la part de jeunes diplômés qui se disent optimistes quant à leur recherche d’emploi perd du terrain : -6 points, de 64% pour la promotion 2010 à 60% pour celle de 2011. Ainsi, ce niveau reste très éloigné des niveaux d’avant crise, de 2007 et 2008, où 72% des jeunes se disaient optimistes.

Diane Lacaze