BFM Business

Diminution du nombre de contrats aidés: la grogne de la Bretagne

La baisse du nombre de contrats aidés va fragiliser de nombreuses associations, selon le président du conseil régional de Bretagne.

La baisse du nombre de contrats aidés va fragiliser de nombreuses associations, selon le président du conseil régional de Bretagne. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

La région Bretagne demande un moratoire sur le gel de ces emplois.

La région Bretagne a critiqué la décision du gouvernement de diminuer le nombre de contrats aidés en 2017, "véritable coup dur porté au secteur associatif", et réclamé un moratoire sur le gel de ces emplois. Dans un courrier au Premier ministre daté du 1er septembre et rendu public lundi, le président du conseil régional de Bretagne, Loïck Chesnais-Girard, estime que la décision du gouvernement de diminuer le nombre de contrats aidés en 2017 va "fragiliser fortement de nombreuses associations qui devront, si ce n'est interrompre leur activité, mettre un terme à certains contrats et par ricochet à certaines de leurs activités".

Mettant en avant "la vitalité associative exceptionnelle" de la région, avec "65.000 associations actives, 108.000 salariés et plus de 550.000 bénévoles", l'élu dénonce une décision prise "sans concertation ni délai" et réclame "un moratoire du gel des emplois aidés dans le secteur non marchand pour 2017".

"Nettement moins de contrats aidés qu'en 2017"

"Si au niveau macro (...) l'effort de formation pour accélérer le retour à l'emploi durable est plus efficace que les emplois aidés, en revanche au niveau micro nous savons qu'une part de la population éloignée de l'emploi ne pourra trouver de travail si celui-ci n'est pas accompagné financièrement par la solidarité nationale", écrit Loïck Chesnais-Girard.

Le Premier ministre Édouard Philippe a confirmé dimanche qu'il y aurait l'an prochain "nettement moins de contrats aidés qu'en 2017", année qui doit déjà voir ce type de contrats baisser d'environ 30% par rapport à 2016. "Nous voulons progressivement réduire le nombre des contrats aidés et développer la formation", a-t-il déclaré lors de l'émission Questions Politiques de franceinfo/France Inter/Le Monde. "Dans le monde associatif et les collectivités locales, nous sommes sur de l'emploi accompagné par l'État sous forme de subventions", a jugé lundi le président du conseil régional de Bretagne, à l'occasion de la signature d'une charte d'engagements avec le Mouvement associatif de Bretagne (Mab), l'instance de représentation des associations de la région. Si l'on considère que cela répond à un service, à un objectif collectif, il faut organiser son financement. (...) Opposer la formation à l'emploi aidé, c'est nier l'insertion, or l'insertion et la formation vont de pair", a-t-il ajouté.

D. L. avec AFP