BFM Business

Comment la petite commune des Herbiers est devenue championne de France... de l'emploi

VIDÉO - La ville du petit poucet de la Coupe de France qui affronte ce soir le PSG a le deuxième taux de chômage le plus bas de France.

Les joueurs ne soulèveront peut-être pas la Coupe de France mais Les Herbiers peuvent déjà se prévaloir d'un titre: celui de champion de la lutte contre le chômage. Avec un taux de chômage d’à peine 5% de la population active (contre 8,6% pour l’ensemble de la France) la petite commune vendéenne de 16.000 habitants est la deuxième ville de France en la matière juste derrière la ville d’Houdan dans les Yvelines. Et lorsqu’on interroge les habitants des Herbiers pour savoir s’ils connaissent des gens au chômage ils sont bien en peine de vous répondre.

La commune n'a pas attendu la reprise pour atteindre le quasi-plein emploi. Au plus fort de la crise économique, son taux de chômage n’a jamais dépassé les 6%. Une prouesse qui s’explique par le nombre impressionnant d’entreprises sur la commune. Les Herbiers comptent près de 1.200 entreprises soit une pour 13 habitants ! Et il s’agit pour la plupart de sièges sociaux. On trouve notamment sur son territoire la plateforme logistique nationale de Super U, la société La Boulangère qui produit un million de brioches et pains au lait par jour ou encore le fabricant de fenêtre K-Line ou le constructeur de bateaux Bénéteau.

On manque de bras aux Herbiers

Et il y a si peu de chômage aux Herbiers que le manque de bras se fait ressentir: actuellement 800 postes sont ne trouvent pas preneurs. L'affiche du dernier salon de l'emploi de la commune reprenait d'ailleurs la fameuse image "We want you" de l'oncle de Sam. 

-
- © Les Herbiers

Un succès local donc mais qui s'inscrit dans une dynamique globale du département. La Vendée jouit en effet d'un des taux de chômage les plus bas de France avec seulement 6,8% de la population active. La commune de La Roche sur Yon par exemple fait même depuis plusieurs années des campagnes de pub dans le métro parisien pour attirer les actifs en manque sur son territoire. 

"On n'a pas besoin de Paris"

Comment expliquer un tel dynamisme? Les élus locaux parlent d’un état d’esprit de la débrouille hérité des vendéens de 1793. Ici, dit-on, on n’a pas besoin de Paris pour s’en sortir.

Avec l’arrivée des machines dans les campagnes dans les années 60 par exemple, il n’y a pas eu d’exode rural massif, les enfants de paysans ont fondé des PME qui pour beaucoup sont devenues des grands groupes nationaux comme Système U, le spécialiste des charpentes Briand ou les chantier naval Jeanneau. Sans compter le tourisme qui s’est envolé ces dernières années avec le parc d’attraction du Puy du Fou qui accueille plus de 2 millions de visiteurs par an. Bref si les Herbiers ne gagnent pas ce soir, leurs supporters auront de quoi se consoler.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco