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Chérèque et Thibault s'en prennent au gouvernement

Bernard Thibault ne veut pas parler de fléxibilité

Bernard Thibault ne veut pas parler de fléxibilité - -

Alors que le leader de la CFDT fustige les "coups de menton" d'Arnaud Montebourg et conteste l'objectif de 3% de déficit en 2013, le patron de la CGT critique "l'agenda du redressement" proposé par François Hollande.

C'est une volée de bois vert qu'a reçu François Hollande, mercredi 12 septembre, de la part des deux principaux leaders syndicaux français.

Ce matin,sur France Info, François Chérèque s'en prenait à propos du dossier PSA à Arnaud Montebourg. Le secrétaire général de la Cfdt suggérait au ministre du Redressement productif de "relancer une véritable politique industrielle plutôt que de donner des coups de menton".

Concernant la politique économique suivie par François Hollande, le leader de la Cfdt a demandé de "ne pas s'accrocher à l'objectif de réduire à 3% le déficit public en 2013". Un objectif pourtant rappelé par le chef de l'Etat dimanche soir sur TF1.

Le risque, selon Chérèque, est d'aggraver la situation économique, en particulier sur le front de l'emploi. Il a qualifié de "pari risqué" l'objectif présidentiel d'inverser la courbe du chômage d'ici un an.

Ne pas fâcher le Medef

Au même moment, sur Europe 1 cette fois, Bernard Thibault critiquait l'impuissance du gouvernement dans le dossier PSA : "Cela fait des années qu'on entend que la puissance publique va essayer de faire en sorte d'accompagner au mieux les salariés licenciés et c'est quoi le résultat ? ".

Dans une interview au Monde daté du 13 septembre, le secrétaire général de la CGT estime que "l'agenda du président (annoncé dimanche soir sur TF1 ndlr) sera très difficile à faire passer socialement". Au moins d'accord avec François Chérèque sur ce point, Bernard Thibault déclare que " l'efficacité supposée du schéma du président fait débat, en particulier l'objectif prioritaire des 3% de PIB de déficit public dès 2013".

A la veille de l'ouverture des négociations sur le fonctionnement du marché du travail, Bernard Thibault en remet une couche sur la proximité supposée entre gouvernement et Medef. "Je n'avais pourtant pas constaté que l'organisation patronale avait été une alliée de la gauche", ironise-t-il.

Il se déclare cependant prêt à débattre de compétitivité. Mais "les entreprises ne peuvent pas revendiquer plus de souplesse sans être réellement coresponsables du parcours professionnel de leurs salariés". Une sorte de fin de non recevoir aux réformes introduisant davantage de flexibilité...

Patrick Coquidé