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CGT: un ex-secrétaire général appelle à la démission de Lepaon

Louis Viannet, 81 ans, estime que Thierry Lepaon devrait "remettre son mandat".

Louis Viannet, 81 ans, estime que Thierry Lepaon devrait "remettre son mandat". - François Guillot - AFP

Louis Viannet, ancien numéro un de la confédération syndicale, a invité lundi Thierry Lepaon à remettre son mandat dans les prochains jours. Le tout alors que la commission exécutive de la CGT se réunit mardi et mercredi.

L’avenir de Thierry Lepaon s’assombrit un peu plus. A la veille d’une réunion de la commission exécutive de la CGT, l’une des figures de la confédération syndicale est en effet montée au créneau pour réclamer sa démission.

L’ancien secrétaire général Louis Viannet, 81 ans, a ainsi estimé que Thierry Lepaon "se grandirait" en "annonçant publiquement et avant même la réunion du comité confédéral national" (CCN, prévu le 13 janvier), "sa décision de remettre son mandat".

"En clamant sa volonté de rester coûte que coûte dans sa responsabilité, Thierry Lepaon tend à confondre détermination et entêtement. Ce faisant, il rajoute encore de la tension dans le débat qui en a déjà suffisamment, alors que sa fonction lui commande le contraire", a-t-il encore déclaré dans une interview au Monde, lundi 5 janvier.

Cette sortie tombe au plus mauvais moment pour Thierry Lepaon puisque la direction se réunit mardi et mercredi pour débattre du sort de son numéro un, dans la tourmente depuis des révélations sur son train de vie. Au terme de ces deux jours, les 56 membres de la Commission exécutive (direction élargie) devront s'accorder sur des propositions de sortie de crise, qui seront soumises le 13 janvier au Comité confédéral national (CCN), le "parlement" de la CGT.

La CGT dans la tourmente

Cette dernière instance, qui regroupe les numéros un des 33 fédérations et des 96 unions départementales, est la seule habilitée à révoquer le secrétaire général. Le rendez-vous de mardi et mercredi promet des débats animés à l'issue incertaine: faut-il proposer le départ du secrétaire général, son maintien avec un bureau confédéral (direction resserrée) remanié, la démission de tout le bureau?

Le navire CGT et son capitaine voguent en effet en pleine tempête depuis que Le Canard enchaîné a révélé fin octobre l'onéreuse rénovation de l'appartement de fonction de Thierry Lepaon (105.000 euros) à Vincennes, près de Paris, et de son bureau au siège de la CGT à Montreuil (62.000 euros). Egalement en cause, l'indemnité - 31.000 euros selon la presse, 26.650 selon l'intéressé - versée par la CGT de Basse-Normandie au syndicaliste lorsqu'il avait quitté ses responsabilités régionales pour prendre la tête de la confédération en 2013.

Ces révélations en cascade, qui ont indigné de nombreux militants, ébranlent la centrale. Pour elle, c'est le retour à la case départ, trois ans après la guerre des égos autour de la succession de Bernard Thibault, qui s'était dénouée par le choix en mars 2013 de Thierry Lepaon, leader par défaut. Le mois de janvier sera donc décisif pour tourner la page.

Y.D. avec AFP