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CGT: la première fédération du syndicat réclame la démission de Lepaon

Thierry Lepaon jouera son avenir le 15 janvier prochain

Thierry Lepaon jouera son avenir le 15 janvier prochain - Bertrand Guay - AFP

La fédération des services publics, la plus importante au sein de la CGT, demande la démission de Thierry Lepaon. Et si ce dernier ne s'exécute pas, elle exigera sa destitution en janvier prochain.

La pression s'accentue un peu plus sur les épaules de Thierry Lepaon. La première fédération de la CGT, celles des services publics a appelé le leader de la confédération syndicale à la démission.

Dans un texte voté jeudi 11 décembre, la direction de cette fédération a estimé que "compte tenu de ses responsabilités et de l'incapacité dans laquelle il se trouve d'assumer ses missions de secrétaire général, le départ" de Thierry Lepaon "est inéluctable".

"La meilleure solution pour rassembler la CGT est la démission de Thierry de son mandat de secrétaire général dans les plus brefs délais", estime la fédération.

Le texte précise que "si tel n'était pas le cas avant la réunion du 13 janvier du Comité confédéral national", la fédération des services publics "sera alors porteuse d'un mandat de révocation du secrétaire général".

Réunion du "parlement" le 15 janvier

Le Comité confédéral national (CCN) constitue "le parlement" de la CGT et est la seule instance habilitée à enclencher une procédure de destitution pour Thierry Lepaon. Or avec ses 80.700 adhérents, la fédération des services publics a un grand poids au sein du CCN.

La commission exécutive de la CGT avait décidé de convoquer ce "parlement", le 9 décembre dernier, fixant la réunion au 15 janvier. Cette commission s'était alors réunie pour évoquer la crise liée à Thierry Lepaon.

Ce dernier, qui a pour le moment refusé de présenter sa démission, est sur la sellette depuis plusieurs semaines en raison de plusieurs révélations.

Les dépenses somptuaires

Le Canard Enchaîné avait ainsi indiqué que la CGT avait effectué des dépenses coûteuses dans l'appartement de fonction (105.000 euros) et dans le bureau (62.000 euros) de Thierry Lepaon. Le secrétaire général de la CGT avait reconnu "une faute" qu'il avait toutefois mise sur le compte du trésorier de la centrale, Eric Lafont. De sources internes, ce dernier aurait très mal vécu sa stigmatisation. Eric Lafont a finalement présenté sa démission le 9 décembre dernier, lors de la réunion de la commission exécutive de la CGT.

Le mal avait toutefois été encore attisé par les révélations sur l'indemnité de départ de Thierry Lepaon, qui en quittant la CGT Normandie, avait perçu 31.000 euros. Une pratique dénoncée par les militants alors que selon Marianne, il s'agirait d'une pratique courante au sein du syndicat.

J.M. avec AFP