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Cet employeur qui veut mettre fin à l'abus de pause pipi

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- - Yann Gar - Flickr - CC

L'usine d'abattage de porc duBreton au Canada a décidé de limiter l'accès aux toilettes à trois fois par semaine en dehors des pauses officielles, dont les déjeuners, rapporte le Journal du Québec.

C'est un sujet pour le moins... physiologique. Dans la petite ville de Rivière-du-Loup (20.000 habitants) les dirigeants de l'usine de découpe de porc duBreton jugent que certains salariés passent trop de temps aux toilettes. 

Du coup, la direction de ce site qui compte plus de 450 employés a décidé de taper du poing en prenant des dispositions drastiques, que rapporte Le Journal du Québec.

Elle a, dans un premier temps, comptabilisé pendant une année les allées et venues des employés entre leur poste de travail et le petit coin. Résultat: "nous sommes arrivées à la conclusion qu'il fallait encadrer les pauses-toilettes", explique la directrice de la communication, Claire Michaud, citée par Le Journal du Québec.

3 accès aux toilettes hors pauses par semaine

Verdict: désormais les salariés n'auront le droit de n'aller aux toilettes que trois fois par semaines pour 10 minutes, en dehors des repas et des pauses officielles. Sauf urgence, c'est-à-dire la maladie ou "une condition spéciale", précise le Journal du Québec.

Le genre de décision qui ne plaît pas aux syndicats. Ces derniers ont ainsi dénoncé dans une lettre envoyée aux ressources humaines des directives qui "mettent en danger les salariés". Les syndicats listent ainsi les problèmes que pourraient ressentir les travailleurs: "stress, problème de salubrité, phobie d’aller aux toilettes, inflammation des reins, grave infection urinaire et hémorroïdes".

Pour rappel en France, le code du travail indique que tous les salariés ont le droit à 20 minutes de pause obligatoire au bout de 6 heures de travail. Mais la pause pipi, elle échappe à la loi.

"On considère dans ce cas que c’est un besoin naturel qui n’a pas à être chronométré. Mais si une secrétaire devait s’absenter toutes les 15 minutes aux toilettes sans raison médicale particulière, cela pourrait être considéré comme étant abusif", explique Eric Rocheblave, avocat en droit du travail cité par le blog mode(s) d'emploi.

"Si la pause-pipi échappe au code du Travail, elle ne doit pas pour autant porter atteinte de façon disproportionnée à l’intérêt de l’entreprise", ajoute-t-il

J.M.