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Ces milliers d’emplois que la fin du diesel menacerait chez PSA

Les syndicats de PSA estiment que 18.000 emplois seraient menacés si le groupe automobile renonce aux moteurs diesel. (image d'illustration)

Les syndicats de PSA estiment que 18.000 emplois seraient menacés si le groupe automobile renonce aux moteurs diesel. (image d'illustration) - Éric Piermont - AFP

Face aux réglementations qui se durcissent, un syndicat du groupe automobile français s’inquiète de l’avenir des moteurs diesel et des conséquences sociales qu'entraînerait l'arrêt de leur production.

La réputation du diesel est ternie. Depuis les révélations concernant "l’affaire Volkswagen", ce type de motorisation suscite la méfiance. Invoquant la lutte contre la pollution, le parti Europe Ecologie les Verts réclame par exemple l'interdiction de ce carburant en France.

Certaines grandes villes, comme Paris, ont déjà pris des mesures visant à restreindre l’accès des véhicules carburant au gazole à leurs territoires. Ce qui inquiète fortement les professionnels de l'automobile, et plus particulièrement les syndicats. Ces derniers considèrent que la multiplication de telles mesures couplées à une réglementation toujours plus contraignante en matière de lutte contre la pollution constituent une réelle menace pour l'emploi. 

18.000 emplois "menacés"

Dans un document distribué à l'ensemble des salariés du groupe PSA, Force Ouvrière exprime "sa vive inquiétude sur les conséquences industrielles, économiques et sociales de la chasse au diesel qui s'intensifie depuis quelques mois". Le groupe français étant connu comme un spécialiste de ce type de motorisation depuis les années 1970.

Cité dans un communiqué, Christian Lafaye, délégué syndical central de FO-PSA estime que "la chasse au diesel est une aberration écologique mais aussi industrielle". Il poursuit en indiquant qu'au sein du groupe PSA - employant fin 2015, 88.000 salariés en Europe - "18.000 emplois européens dépendent du diesel" et précise que le site lorrain de Trémery "est la plus grosse usine de fabrication de moteurs diesel au monde". 

FO réclamera un soutien financier si les ventes chutent

Selon Christian Lafaye, le diesel est "une technologie propre" notamment parce qu'un moteur de ce type "consomme 25% de carburant en moins et émet 15% de CO2 (dioxyde de carbone) en moins" qu'un moteur à essence. En ce sens, le syndicaliste dénonce "toute tentative idéologique pour freiner cette technologie et risquer d'impacter violemment l'emploi avec des conséquences sociales dramatiques".

Selon l'AFP, en cas de baisse continue des ventes de véhicules diesel, Force Ouvrière "réclamera des aides" pour les constructeurs afin qu'ils puissent "reconvertir leur outil industriel pour le maintenir en France". 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV