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Ces coûteux emplois aidés

François Rebsamen avait annoncé lundi le déploiement de 100.000 nouveaux contrats aidés

François Rebsamen avait annoncé lundi le déploiement de 100.000 nouveaux contrats aidés - Lionel Bonaventure - AFP

Pour lutter contre le chômage, le gouvernement a annoncé lundi 1er juin 100.000 emplois aidés supplémentaires. Une mesure qui devrait coûter en année pleine 700 millions d'euros, selon Les Echos.

Face à l'urgence, le gouvernement ressort des recettes bien connues. Lundi après l'annonce des chiffres du chômage catastrophiques, avec une augmentation de plus de 26.000 demandeurs d'emploi en catégorie A sur le seul mois d'avril, le ministre du Travail François Rebsamen a annoncé 100.000 emplois aidés supplémentaires.

Une façon de continuer le traitement social du chômage, après avoir lancé les emplois d'avenir et les contrats de génération au début du quinquennat de François Hollande. Un geste qui forcément a un coût. Et il est plutôt conséquent: 300 à 400 millions d'euros pour 2015, puis 700 millions d'euros en 2016, en année pleine, rapportent les Echos ce mercredi 3 juin.

Le quotidien précise que pour 2015, le financement sera assuré en puisant dans la réserve de précaution, c’est-à-dire la partie des crédits ouverts en loi de Finances mais gelés de sorte à ce que le gouvernement puisse faire face aux aléas de gestion.

Pour 2016, la dépense sera intégrée dans le budget de l'emploi, actuellement en cours de discussions avec Bercy. Les Echos précisent que ces 100.000 emplois aidés se répartiront entre 30.000 emplois d'avenir et 70.000 contrats d'accompagnement vers l'emploi.

"Des instruments obsolètes"

Au total, 545.000 entrées en contrat aidés devraient survenir en 2015, en incluant la rallonge de 100.000 postes promis par le gouvernement lundi. Reste que l'utilisation des contrats aidés n'est pas une panacée, loin s'en faut.

En 2013, la Cour des comptes adressait un rapport assez critique sur le sujet. "La France a abordé la crise avec des instruments de politique de l'emploi parfois obsolètes dont l'efficacité s'est révélée décevante", écrivaient les Sages. Ils soulignaient alors que les contrats aidés "n'ont pas permis d'obtenir des résultats satisfaisants en termes d'insertion durable dans l'emploi", évoquant "des résultats médiocres".

J.M.