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Carburant: la CGT annonce que toutes les raffineries sont en grève

"Le syndicat vient d'annoncer que toutes les raffineries de France étaient en grève ce mardi 24 mai. La raffinerie de Fos-sur-Mer, qui était occupée depuis lundi soir, a été évacuée par les forces de l'ordre."

La situation est-elle en train d'échapper au gouvernement? La CGT vient d'annoncer, ce mardi 24 mai, que 8 raffineries sur 8 étaient en grève en France. "Une grève a été votée ce matin à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime) en réaction à la charge des forces de l'ordre à Fos-sur-Mer", a déclaré à Reuters Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral du secteur pétrole de la CGT. "Il va y avoir au minimum une baisse du débit de 50% à la raffinerie Exxon Mobil de Gravenchon. À Fos, la grève a aussi été votée. Plus aucun produit ne sort".

Sur Europe 1, Manuel Valls a été ferme: "L'État fait preuve de la plus grande fermeté et d'une très grande détermination. Les forces de l'ordre interviennent depuis vendredi pour évacuer les dépôts qui sont bloqués, en Bretagne, en Normandie, dans les Hauts-de-France et en Auvergne. D'autres sites seront libérés". Et il a réaffirmé qu'"il n'y aura pas de retrait du projet de loi". 

François Hollande, sur France Culture, estime ne pas vouloir "ignorer, négliger ce qui se passe, considérer que ça ne mérite pas une forme de respect par rapport à ceux qui ont des revendications légitimes. Mais ça ne me conduit pas non plus à accepter ce qui est aujourd'hui un blocage qui est fondé simplement par une stratégie portée par une minorité". Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, estime lui que "ce ne peut pas être une centrale syndicale qui fait la loi".

A Lorient, où trois rues donnant accès au dépôt étaient bloquées depuis 5h00 du matin, les manifestants sont partis en fin de matinée sans affrontement avec les forces de l'ordre, a déclaré à l'AFP Olivier Laurent, représentant CGT. "On va se réunir maintenant pour décider des actions à mener demain", a-t-il ajouté, précisant que les camions citernes avaient repris leurs chargement d'essence au dépôt, sous la surveillance des forces de l'ordre.

>> Retrouvez la carte des stations ouvertes

"Des scènes de guerre"

La raffinerie et le dépôt de carburants de Fos-sur-Mer dont les accès étaient occupés depuis lundi par des militants cégétistes opposés à la loi Travail, ont été dégagés mardi à l'aube par les forces de l'ordre qui ont rencontré "une résistance importante".

Six raffineries sur les huit que compte le pays étaient déjà touchées lundi soir contre quatre la veille, le mouvement s'étendant du Grand Ouest au Sud-Est. Ces blocages provoquent depuis plusieurs jours des difficultés d'approvisionnement de stations-service, entraînant des ruées d'automobilistes aux pompes.

Autre menace sur l'approvisionnement en carburant: le personnel des terminaux pétroliers du Havre, qui assurent 40% des importations françaises, a voté la grève lundi soir.

Lundi soir, la situation était "globalement (la) même" que dimanche soir, a indiqué le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, sur BFMTV. "Il n'y a pas de dégradation, avec autour de 20% de stations qui sont fermées ou en grande difficulté" sur les quelque 12.000 recensées dans le pays. Mais alors que les problèmes se concentraient surtout dans le Nord et l'Ouest dimanche, de nouvelles régions étaient touchées lundi, a-t-il précisé, notamment le Sud-Ouest où 13% des stations étaient fermées.

Des difficultés du fait du "comportement des consommateurs"

La préfecture de la zone de défense et de sécurité de l'ouest a appelé lundi soir les automobilistes à ne pas procéder à des "approvisionnements de précaution" en carburant, estimant que "rien ne les justifie", dans un communiqué. "Un certain nombre de stations-services rencontrent encore des difficultés" du fait du "comportement des consommateurs qui complètent systématiquement les réservoirs de leurs véhicules dès lors qu'ils ont connaissance qu'une station-service est réalimentée", souligne-t-elle.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a appelé lundi "les Français à ne céder à aucune panique" par crainte d'éventuelles pénuries et assuré que les dépôts seraient "débloqués", comme ce fut le cas durant le week-end à Dunkerque (Nord), Rouen (Seine-Maritime) et Lorient (Morbihan). Le ministre de l'Économie Emmanuel Macron a appelé les opposants à la loi Travail qui bloquent les raffineries à "laisser avancer (...) une France qui travaille, une France qui produit, une France qui croit en son avenir".

D. L. avec AFP