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Brexit: les expatriés s'estiment victimes de discrimination à l'embauche

Face à l'incertitude du futur statut de résident pour les expatriés, les employeurs préfèrent embaucher des candidats avec le passeport britannique.

Face à l'incertitude du futur statut de résident pour les expatriés, les employeurs préfèrent embaucher des candidats avec le passeport britannique. - Daniel Leal-Olivas- AFP

Le collectif des 3 millions rassemble des travailleurs européens souhaitant continuer à travailler en Grande-Bretagne après le Brexit. Lors d'une journée d'action à Londres, ils ont dénoncé l'attitude des employeurs qui donnent la préférence aux candidats britanniques.

Ils sont venus travailler à Londres et ils ne comptent pas voir leur choix remis en cause par le Brexit. Le collectif The3millions rassemble des expatriés qui veulent attirer l'attention du gouvernement britannique sur leur sort. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne fait planer le doute sur leur statut de travailleur expatrié. Même si Theresa May a affirmé en juin qu'aucun citoyen de l'Union européenne ne serait contraint de quitter le pays, il reste encore beaucoup d'incertitudes sur le statut de résident qui leur sera accordé. Le flou est tel que les entreprises ne veulent plus prendre le risque de les embaucher.

Lors d'une journée d'action qui s'est tenue devant le parlement de Londres le 13 septembre, plusieurs membres du collectif sont venus dénoncer leur situation. Ils s'estiment victimes de discrimination à l'embauche. "Je travaille dans le secteur de l'électricité, j'ai postulé pour plusieurs postes en Angleterre où de manière surprenante la préférence était nettement donnée aux candidats britanniques," témoigne Dominique sur France info.

Difficultés aussi pour se loger

Axel Antoni, un expatrié allemand à l'origine du collectif, a relevé plusieurs offres d'emploi qui mentionnaient la préférence pour des candidats anglais. "En deux jours seulement, on a trouvé deux douzaines d'offres qui stipulaient 'Passeport britannique uniquement'. Ce sont surtout des petites entreprises parce que le recrutement, la formation coûte cher", explique-t-il sur France Info. Axel Antoni a transmis au Parlement britannique les preuves de ces discriminations à l'embauche, pourtant interdite.

Mais l'incertitude sur les conditions de résidents de ces expatriés a des conséquences au-delà de leurs carrières professionnelles. Ils rencontrent aussi des difficultés pour se loger. Les propriétaires n'ont pas non plus envie de louer à des gens qui peuvent être obligés de quitter le pays dans les deux ans. Les agences de voyage, les cuisinistes ou encore les concessionnaires auto se montrent tout aussi réservés à l'égard de cette clientèle, pointe du doigt le collectif.

C.C.